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" Déchets, le cauchemar du nucléaire "

 
Une enquête inédite, signée par Laure Noualhat, co-auteur du film "Déchets, le cauchemar du nucléaire". Sortie en librairie depuis le 8 octobre 2008. Le Seuil/Arte Editions 212 pages, 18 euros.

EDF, qui avait refusé de figurer dans le documentaire, affirme dans une dépêche publiée dans l'AFP, qu' " aucun déchet nucléaire d'EDF n'était transporté en Russie ", en réponse à l'article de Libération qui soulève le voile sur l'exportation du groupe de ses déchets radioactifs vers la Sibérie pour y être normalement recyclés.

A noter qu'EDF publie sur son site un document datant de février 2009 intitulé " EDF, acteur responsable de la gestion des déchets issus de la production d'électricité nucléaire. "

La secrétaire d'Etat à l'Ecologie Chantal Jouanno a annoncé néanmoins ce matin sur France Info, qu'elle demandait une enquête sur ces informations, après les révélations du reportage d'Arte et du quotidien.

 

" EDF envoie bien des matières radioactives mais refuse de les qualifier de déchets "

C'est ce que nous apprend la journaliste Laure Noualhat sur son blog Six pieds sur Terre, avant de citer une porte-parole d'EDF qui a précisé à l'AFP que "c'est seulement l'uranium recyclable, issu du traitement des combustibles des centrales nucléaires d'EDF, qui est transporté en Russie pour être enrichi".

" C'est exactement ce que l'on raconte. Merci donc pour la précision ", ironise Laure Noualhat.

La journaliste souligne que, ce que ne dit pas EDF, c'est qu'au cours de ce processus 90 % des volumes expédiés là-bas restent sur place.

" C'est ainsi. Mais la sémantique atomique est telle que personne ne veut assimiler ces matières à des déchets. On nous explique qu'ils peuvent servir de plusieurs façons. Si c'est le cas, pourquoi abandonner ces matières stratégiques? D'après nous, cette cession change l'arithmétique du retraitement et ramène la recyclabilité du cycle à 10% de matières environ (contre les 96% annoncés par l'industrie) ", écrit-elle.

Ce transfert de matières radioactives pose différentes questions, conclut la journaliste Laure Noualhat dans son article publié dans Libération : la sécurité de leur transport sur 8 000 km, la sécurité de leur stockage et l'efficacité du retraitement. En attendant d'hypothétiques sauts technologiques à venir, le cycle fermé du nucléaire français fuit donc en Russie. " En toute opacité. "

Emilie Villeneuve

 

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