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2750 sites sont pollués en Arctique !

Publié Le 12 Janvier 2010 à 14h13
 
L'association de protection de l'homme et de l'environnement Robin des Bois vient de publier, après un an de recherche, un rapport et un inventaire des sites pollués en Arctique. Cet inventaire concerne les sites pollués par des déchets métalliques, chimiques ou domestiques.

L'association Robin des Bois a ainsi établi un rapport des sites pollués au Canada, en Alaska, en Finlande, au Groenland, en Norvège et en Suède. Pour chaque pays, une analyse des activités polluantes est également donnée.

2750 sites pollués en Arctique : 662 au Canada, 509 en Alaska, 468 au Groenland, 524 en Norvège, 418 en Suède et 169 en Finlande. La Russie n'a pas souhaité communiquer ses sonnées.

"Longtemps, il a été soutenu par les pays riverains de l'Arctique que le permafrost et le froid étaient un mode et un lieu éternel de gestion et de confinement des déchets. Mais depuis 30 ans, il est constaté que des rivières, des lacs et des eaux souterraines sont contaminés par la migration de polluants issus des décharges et d'autres sites pollués. La mobilisation des polluants provient des variations de températures et des niveaux des eaux, de la fonte des neiges, de la pluie et des inondations. Le gel n'a pas rempli son rôle de cocon pour polluants. Dans la perspective du réchauffement climatique, la rupture progressive de la chaîne du froid serait une catastrophe écologique et accélérerait la libération de tous les déchets, explique l'étude de l'association.

"Les principales activités responsables des contaminations des sols ou des eaux adjacentes ou souterraines sont les bases militaires et scientifiques, la prospection, l'exploitation et la distribution de gaz et de pétrole, le stockage de carburants et les complexes miniers et sidérurgiques. Les polluants dominants sont les hydrocarbures, les métaux lourds, l'amiante, les PCB et autres Polluants Organiques Persistants".

"Les historiques des sites pollués ou leurs résumés quand ils existent révèlent des pratiques négligentes résultant du manque de connaissance et du traitement expéditif infligé aux déchets quand ils sont produits dans des milieux hostiles et quasiment inhabités. Les PCB et des métaux spécifiques étaient utilisés en tant qu'additifs dans les fluides de forage. Le " road oiling " consistait pour réduire les envols de poussières à répandre sur les pistes des mélanges de stériles, d'huiles et de liquides antigel usagés. Les bases militaires étaient des grandes utilisatrices de DDT et un mode courant d'élimination des déchets en fûts était de les transporter sur des lacs gelés en hiver en attendant que le dégel de l'été les engloutisse dans les fonds."

"Certaines populations d'ours polaires aujourd'hui désignés comme les victimes spectaculaires du réchauffement climatique sont depuis plusieurs décennies victimes de contaminations internes par les PCB et les insecticides. Les Inuits et les autres communautés indigènes de l'Arctique dont le régime alimentaire est basé sur les ressources aquatiques et le gibier sont eux aussi empoisonnés."

"La quasi-totalité des sites pollués est en bordure de l'Océan Arctique, des lacs ou des fleuves. Les sites pollués sont des abcès environnementaux et des voies de transfert des polluants vers les eaux douces et marines."

"A cause des risques existants et à venir, un plan coordonné de gestion et de réhabilitation des sites pollués en Arctique est indispensable pour préserver les populations autochtones et l'environnement", précise l'association Robin des bois.

Retrouver le rapport complet sur le site www.robindesbois.org .

Stella Giani