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Agriculture: le bio s'impose comme le modèle à suivre

 

" Cela a été très difficile d'amorcer le système " souligne Claude Monnier, président de la chambre d'agriculture de Belfort et référent agriculture biologique pour les chambres d'agriculture, " mais désormais la machine est lancée, même si le processus est lent ".

Certes, le nombre d'exploitations bio ne représentent encore que 4% du nombre total des exploitations agricoles françaises. Mais l'évolution est remarquable : de fin 2008 à fin 2010, le nombre d'exploitations bio a bondi de 55%, passant de 13 298 à 20 604.

" L'effort est présent dans l'ensemble des départements français ". Malgré de fortes disparités selon les régions : si la Provence-Alpes-Côté d'Azur se place en tête avec 10.5% de ses surfaces utiles cultivées en bio (le département Drôme étant largement en tête avec 13.1%), suivie du Languedoc-Roussillon (7.9%), la Picardie n'est qu'à 0.5%, le Nord Pas de Calais 0.7% et la Champagne Ardenne 1%. Les Pays de la Loire, la région Midi-Pyrénées, la Franche-Comté et l'Alsace se situent autour du niveau national (4.1% ; 4.6% ; 4.7% ; 4.5%).

Le temps est loin où le bio était source de moqueries. Il a acquis toute sa légitimité, et ne se veut pas une caste à part : " l'important " souligne C. Monnier " est de travailler de concert entre agriculteurs. Le développement de la bio permet une passerelle avec l'agriculture conventionnelle. En effet, l'agriculture bio représente un laboratoire d'essai grandeur nature en ce qui concerne la recherche et la technique ". Les techniques bio peuvent être profitables à tout le monde.

Un exemple : les désherbants chimiques de synthèse ne sont pas permis en bio. Alors, pour se débarrasser des mauvaises herbes, il faut trouver d'autres moyens. Des machines permettent de les broyer ras tout en évitant les plants de culture. Ce qui peut intéresser d'autres agriculteurs désireux de préserver l'environnement.

Saluons l'initiative des Chambres d'Agricultures qui organisent la troisième édition du Salon professionnel Tech& Bio en septembre 2011 au lycée Le Valentin dans la Drôme, où de nombreuses démonstrations techniques auront lieu. D'autres thèmes de fond seront abordés, comme l'autonomie énergétique des exploitations ou la valorisation des co-produits de la bio. 12000 visiteurs sont attendus. Le salon est soutenu, entre autres, par le Ministère de l'Agriculture et pour la première fois par l'Union Européenne. Les Assisses européennes de la bio s'y tiendront également. www.tech-n-bio.com

L'un des grands avantages du bio est l'organisation par filière (arboriculture, élevage...), et la transmission jusqu'au consommateur de la démarche entreprise en amont, via le logo AB (français) ou le nouveau logo européen. Ce dernier est obligatoire depuis le 1er juillet 2010 sur les nouveaux étiquetages des produits alimentaires pré-emballés d'origine européenne.
Rappelons que les denrées alimentaires pouvant apposer les logo AB et européen contiennent 95% et plus d'ingrédients d'origine agricole biologique (hors eau et sel), la part restante étant non disponible en bio et expressément autorisée.

Le bio nécessite observation et prévention

" Le bio est beaucoup plus technique, il faut beaucoup de prévention et d'observation des cultures " éclaire Claude Aurias, président de la chambre d'Agriculture de la Drôme. D'une agriculture où l'on élimine les indésirables à coup de produits chimiques, on est passé à une agriculture où l'équilibre naturel est primordial. Ce qui implique d'être attentif en permanence à ce qui se passe sur le terrain.

Les problèmes d'insectes représentent ainsi une gageure. L'équilibre de la faune et de la flore des parcelles de champ utilisées représentent une première barrière contre des invasions potentielles. Certains insectes peuvent être leurrés localement avec des pièges à phéromones (substances que produisent normalement les femelles). Mais si jamais trop d'insectes sont présents, les agriculteurs doivent parfois faire appel aux pyréthrines (insecticides d'origine naturels et autorisés en bio). Dans certains cas, il n'existe pas encore de solution naturelle. C'est pourquoi les cerises bio n'existent que très peu (sauf les cerises précoces), à cause de la " mouche de la cerise " qui plante ses oeufs dans les fruits.

Pour la santé des animaux, mêmes exigences. L'éleveur les examine avec soin. Car exit les pratiques de traitements systématiques que connaissent les élevages intensifs. Les agriculteurs suivent des formations de médecines alternatives : phytothérapie, aromathérapie, etc... Cette dernière montre des résultats étonnants. Un exemple : certaines maladies - comme la mamitte ou inflammation des mammelles - sont soignées avec un cocktail d'huiles essentielles de lavande, tea tree, ravintsara et clou de girofle !