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Biodiversité : publication de la liste rouge 2011 des espèces menacées

Publié Le 10 Novembre 2011 à 15h35
 
L'arche de Noé de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) ne cesse de s'agrandir... La liste rouge 2011 révèle, entre autres, que les rhinocéros noirs d'Afrique se sont éteints et que certaines plantes médicinales essentielles sont menacées.

Avec plus de 61 900 espèces étudiées à ce jour, la Liste rouge, réalisée grâce aux données fournies par les scientifiques du monde entier, est aujourd'hui hissée au rang de " Baromètre de la Vie " par d'éminents experts. Sa version 2011 n'est pas plus encourageante que la précédente pour les espèces animales et végétales.

Espèces animales : rhinocéros, thons rouges et amphibiens...

Malgré les actions des programmes de conservation, 25% des mammifères sont menacés d'extinction. Ainsi, la réévaluation de plusieurs espèces de rhinocéros révèle que la sous-espèce de rhinocéros noir (Diceros bicornis longipes) est désormais officiellement "Eteinte". La sous-espèce de rhinocéros blanc d'Afrique centrale, le rhinocéros blanc du Nord (Ceratotherium simum cottoni), est aujourd'hui à la limite de l'extinction, classée parmi les espèces "Peut-être éteintes à l'état sauvage". Le rhinocéros de Java (Rhinoceros sondaicus) livre lui aussi sa dernière bataille : la sous-espèce Rhinoceros sondaicus annasmiticus s'est probablement éteinte au Vietnam, en 2010, suite au braconnage du dernier spécimen.

Dans son communiqué de presse, l'UICN énonce les multiples causes de ces extinctions : "manque de volonté et de soutien politique en faveur des efforts de conservation dans de nombreux habitats de rhinocéros, les groupes criminels internationaux organisés qui les ciblent, la demande illégale sans cesse croissante de corne de rhinocéros et le braconnage."

Les résultats montrent également que la situation est particulièrement grave pour les thons. "Cinq des huit espèces de thons sont dans les catégories menacées ou Quasi menacées." Parmi elles : 3 espèces de thon rouge, une espèce de thon blanc, le thon obèse et le thon jaune. L'UICN espère que ses données "seront très précieuses pour aider les gouvernements à prendre des décisions qui pourraient sauver l'avenir de ces espèces, dont beaucoup ont une très grande valeur économique."

Les reptiles et les amphibiens, qui constituent une composante importante de la biodiversité, sont un autre sujet d'inquiétude pour l'UICN. A titre d'effrayant exemple, elle révèle que 40% des reptiles terrestres de Madagascar sont menacés.

Les plantes ne sont pas en reste

Du côté des plantes, sous-représentées dans la Liste rouge de l'UICN, les résultats révèlent certaines tendances surprenantes, liées la plupart du temps au déclin des habitats au profit de l'agriculture intensive. Le sapin d'eau chinois (Glyptostrobus pensilis) en est un triste exemple. Anciennement très répandu en Chine et au Vietnam, il est est passé du statut "En danger" à "En danger critique d'extinction". Les scientifiques estiment qu'il ne subsiste plus de spécimen à l'état sauvage, en Chine.

Un autre exemple plus inquiétant pour l'homme est la classification "en danger" de Taxus contorta, une plante utilisée pour la production d'un médicament utilisé en chimiothérapie. En cause : sa surexploitation à des fins médicinales ainsi que de l'excès de prélèvement pour le bois de feu et le fourrage. "De nombreuses autres espèces végétales tropicales courent aussi un risque" précise l'UICN.

Inverser les tendances

L'organisation de conservation s'efforce de rester optimiste mais en appelle à la responsabilité des hommes, "gardiens de la terre".

Certains exemples passés montrent qu'il est possible d'inverser les tendances. Ainsi,  la conservation a déjà connu plusieurs succès, avec le retour du rhinocéros blanc du Sud (Ceratotherium simum simum), dont on estime que la population sauvage est passée de moins de 100 individus à la fin du 19ème siècle à plus de 20 000 aujourd'hui. On peut également citer le cheval de Prjevalski (Equus ferus) qui a vu passer son statut de "En danger critique d'extinction" à "En danger", avec aujourd'hui plus de 300 spécimens à l'état sauvage.

"Dans les cas du rhino noir de l'Ouest et du rhino blanc du Nord, la situation aurait pu avoir des résultats très différents si les mesures de conservation suggérées avaient été mises en place. Il faut renforcer ces mesures maintenant, et particulièrement gérer les habitats de façon à améliorer les résultats de la reproduction, pour empêcher que d'autres, tel le rhinocéros de Java, disparaissent à leur tour" a déclaré Simon Stuart, Président de la Commission de sauvegarde des espèces de l'UICN.

AM