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Changements climatiques : comment la France se prépare à l'inéluctable


Sommaire
1 - Se préparer à l'inéluctable
2 - 200 recommandations pour s'adapter aux changements climatiques
3 - Les mesures préconisées
Publié Le 6 Juillet 2010 à 10h53
 
Chantal Jouanno a reçu, mardi 15 juin 2010, le rapport des groupes de travail sur le Plan national d'adaptation au changement climatique. Au total, 200 recommandations sur des sujets aussi divers que la lutte contre les inondations et l'adaptation des zones littorales, l'évolution des forêts... Sur la base de ce rapport, une consultation publique en ligne sera organisée à la rentrée.

De l'avis unanime des experts du GIEC, le changement climatique est déjà en cours et ses effets commencent à entrer en action. Le message des scientifiques ne laisse pas de place au doute quant au sens de ces changements même s'il existe encore des incertitudes sur son ampleur.

Oui, des changements profonds sont désormais inéluctables, quels que soient les efforts de réduction des émissions de gaz à effet de serre qui pourront être déployés, du fait de l'inertie du système climatique. Ceux-ci vont affecter de nombreux secteurs : agriculture, tourisme, pêche, aménagement du territoire, bâtiments et infrastructures, protection des populations... En ce sens, la question du changement climatique a cessé d'être une question strictement scientifique concernant un avenir lointain pour devenir un enjeu actuel de politique publique.

Les changements climatiques sont ainsi déjà perceptibles et leurs effets commencent à impacter des territoires, populations, activités.

Un rapport du groupe interministériel " impacts du changement climatique, coûts associés et pistes d'adaptation " a été rendu public en septembre 2009, donnant des éléments montrant l'importance des impacts du changement climatique et des coûts ou des opportunités pour la France.

Ce rapport met en avant, à l'horizon 2050 et 2100:
· des pertes pour le secteur agricole, à cause des épisodes de canicule et de sécheresse, qui annuleront l'effet positif de l'augmentation de productivité des plantes avec l'augmentation du CO2 atmosphérique ;
· un manque de ressource en eau dans les zones déjà en situation difficile ;
· en Languedoc Roussillon, 140 000 logements et 10 000 entreprises qui seraient touchés par une élévation d'un mètre du niveau de la mer ;
· un patrimoine de routes nationales évalué à 2 milliards d'euros qui serait touché par une élévation d'un mètre du niveau de la mer ;
· une extension des zones touchées par le retrait-gonflement des argiles à cause des
sécheresses amenant des dommages sur les habitations multipliant par 3 à 6 les coûts
actuels de tels dégâts ;
· des gains en matière de consommation d'énergie bien que le développement de la climatisation soit un facteur limitant de ces gains.

Le réchauffement climatique figure aujourd'hui parmi les principales préoccupations des Français, inquiétude légitime face à des impacts majeurs qui se précisent au fur et à mesure des avancées de la recherche scientifique et qui pourraient amener alors à faire évoluer certaines de nos pratiques et comportements.

A lire : Changements climatiques : non, les français ne sont pas écolo-sceptiques!

En revanche, l'échéance lointaine des effets majeurs du changement climatique, les incertitudes quant à la quantification des impacts et peut-être la croyance d'être plus à l'abri que bien d'autres territoires font que la question de l'adaptation au changement climatique n'est pas encore totalement appropriée.

On a pu récemment constater que notre sensibilisation et nos comportements face aux risques climatiques peuvent encore être améliorés. Si dans le cas précis de l'épisode Xynthia rien n'indique qu'il y ait un lien avec le changement climatique, on peut estimer en revanche que les dégâts occasionnés préfigurent bien les impacts possibles de la hausse future du niveau de la mer. Cette actualité montre que la prise de décision en contexte de crise est complexe et qu'il convient d'anticiper ce genre de situation en amont.

C'est dans cette optique que se place la réflexion sur l'adaptation de la France au changement climatique : bien que les effets sensibles du réchauffement ne soient attendus que dans plusieurs décennies, les questions complexes qu'il y aura à gérer (problèmes comme opportunités) sur des décisions structurantes à l'échelle de plusieurs dizaines d'années comme les infrastructures ou l'urbanisme doivent être anticipées dés maintenant.