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Climat : la planète à nouveau en surchauffe en 2020

Publié Le 2 Décembre 2020 à 16h54
 
"Le changement climatique a continué sa progression inexorable pendant l'année 2020, qui est en passe de devenir l'une des trois années les plus chaudes jamais constatées" annonce l'Organisation météorologique mondiale (OMM) dans un communiqué paru le 2 décembre.
La décennie 2011-2020 sera la plus chaude jamais observée et les six années écoulées depuis 2015 sont les plus chaudes qui ont été enregistrées, d'après l'Organisation météorologique mondiale (OMM).

 

Après 2016 et avant 2019, l'année 2020 devrait se classer parmi les trois années les plus chaudes jamais constatées sur Terre, a annoncé l'OMM mercredi 2 décembre dans son rapport provisoire sur l'état du climat en 2020 qui se fonde sur les températures enregistrées de janvier à octobre (le rapport final sera publié en mars 2021).

"La température moyenne mondiale à la surface du globe en 2020 devrait être supérieure d'environ 1,2 °C à l'époque pré-industrielle (période 1850-1900). Il y a au moins une chance sur cinq qu'elle dépasse temporairement 1,5 °C d'ici 2024", avertit le Secrétaire général de l'OMM, M. Petteri Taalas. "2020 a malheureusement été une autre année extraordinaire pour notre climat. Nous avons relevé de nouvelles températures extrêmes sur terre, sur mer - plus de 80 % des océans ont subi une vague de chaleur en 2020 - et surtout dans l'Arctique."

La chaleur la plus remarquable a été observée en Asie du Nord, en particulier dans l'Arctique sibérien, où les températures ont été supérieures de plus de 5 °C à la moyenne. C'est fin juin que la chaleur sibérienne s'est montrée la plus forte. L'OMM a ainsi relevé 38,0 °C à Verkhoyansk le 20 juin, ce qui est provisoirement la température la plus élevée constatée au nord du cercle arctique.

La banquise arctique a atteint en septembre son minimum annuel, classé au deuxième rang des moins étendus en 42 ans d'observations satellitaires.

L'épidémie COVID-19 n'a pas freiné le réchauffement climatique en 2020

Selon le rapport de l'OMM, si le confinement lié à la COVID-19 a causé une réduction des émissions de nombreux polluants et de gaz à effet de serre tels que le dioxyde de carbone, les concentrations atmosphériques de gaz à effet de serre ont continué d'augmenter en 2020, résultat des émissions passées et actuelles cumulées. "La longue durée de vie du CO2 dans l'atmosphère condamne ainsi de nombreuses générations futures à subir un réchauffement supplémentaire" se désolent les scientifiques.

Ce rapport, qui repose sur les contributions de dizaines d'organisations internationales et d'experts, montre comment les phénomènes à fort impact engendrés par le réchauffement planétaire - dont la chaleur extrême, les incendies et les inondations, de même que la saison record des ouragans dans l'Atlantique - ont touché des millions de personnes en 2020, amplifiant les menaces que la pandémie de COVID-19 fait peser sur la stabilité économique ainsi que sur la santé et la sécurité humaines.

"Les feux de forêt ont ravagé de vastes zones en Australie, en Sibérie, sur la côte ouest des États‑Unis et en Amérique du Sud. Leurs panaches de fumée se sont dispersés tout autour du globe. Nous avons vu un nombre record d'ouragans dans l'Atlantique, y compris, en novembre, des ouragans successifs de catégorie 4 d'une violence sans précédent en Amérique centrale. Les inondations dans certaines régions d'Afrique et d'Asie du Sud-Est ont entraîné des déplacements massifs de population et ont compromis la sécurité alimentaire de millions de personnes" explique M. Petteri Taalas.

Et si le réchauffement climatique a de graves répercussions sur l'Homme, c'est également le cas pour la biodiversité. Les écosystèmes marins souffrent ainsi de plus en plus du réchauffement des océans et de l'acidification des eaux due à l'absorption du dioxyde de carbone (CO2).

"Au titre des effets négatifs sur l'environnement, on recense les conséquences sur les terres qu'ont les sécheresses, les incendies de forêts et de tourbières, la dégradation des sols, les tempêtes de sable et de poussière, la désertification et la pollution atmosphérique, avec des répercussions d'une portée considérable pour la nature et la faune. Les impacts sur les systèmes marins incluent l'élévation du niveau de la mer, l'acidification des océans, la réduction des niveaux d'oxygène dans les océans, la dégradation des mangroves et le blanchiment des coraux" précise le rapport.

Le monde d'après COVID-19 se doit de faire de la protection de l'environnement une priorité

"Cette année, nous célébrons le cinquième anniversaire de l'Accord de Paris. Nous nous félicitons de tous les engagements pris récemment par les gouvernements pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, mais nous sommes actuellement en retard et des efforts supplémentaires sont nécessaires" prévient M. Petteri Taalas.

"Si la récession mondiale causée actuellement par la pandémie de COVID-19 complique l'adoption des politiques écologiques nécessaires, elle offre également la possibilité de stimuler les investissements afin de mener l'économie sur une voie plus respectueuse de l'environnement tout en soutenant le PIB et l'emploi pendant la phase de reprise" précise l'OMM dans son communiqué.

"La baisse des émissions liée au confinement ne représente qu'un petit point sur la courbe à long terme. Or, nous devons aplatir cette dernière de façon durable",  explique M. Taalas. "La pandémie de COVID-19 ne résoudra pas le problème du changement climatique. Toutefois, elle représente un tremplin pour lancer une action climatique plus soutenue et plus ambitieuse visant à réduire les émissions nettes à zéro en transformant complètement nos industries, nos systèmes énergétiques et nos transports. Les changements nécessaires sont économiquement abordables et techniquement faisables. Ils n'auraient que des répercussions marginales sur notre vie quotidienne. Il faut se féliciter qu'un nombre croissant de pays et d'entreprises s'engagent à atteindre la neutralité carbone. Il n'y a pas de temps à perdre."

Mathilde Emery