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Des biocarburants produits grâce à une bactérie génétiquement modifiée

Publié Le 28 Janvier 2010 à 15h16
 
Grâce à la bactérie Escherichia coli, un micro-organisme facile à modifier génétiquement, des biocarburants de deuxième génération pourraient être produits sans recours à des procédés chimiques, d'après les propos d'une équipe de chercheurs rapportés mercredi 27 janvier 2010 dans la revue Nature.
Contrairement aux biocarburants de première génération, ceux de deuxième génération utilisent des matières organiques qui ne peuvent pas servir à l'alimentation, comme le bois ou les déchets végétaux.

La bactérie Escherichia coli est déjà utilisée pour fabriquer du biodiesel, seulement l'ajout d'acides gras était nécessaire. Cette fois-ci des chercheurs ont trouvé comment transformer ce micro-organisme pour qu'elle produise directement des esters éthyliques à partir de glucose ou d'éthanols.

Une bactérie génétiquement modifiée

Selon l'un des auteurs de l'étude, Jay Keasling de l'université de Berkeley en Californie, les scientifiques ont incorporé les gènes permettant une production directe de biodiesels, opération importante car aucune chimie additionnelle n'est nécessaire pour produire un carburant.

" Une fois modifiée, Escherichia coli sécrète le biodiesel directement à partir de la cellule. Il n'est plus nécessaire de casser les cellules pour en extraire le diesel. Cela engendre de substantielles économies durant la fabrication du carburant", précise le scientifique.

De plus, les chercheurs ont fait sécréter à la bactérie des enzymes permettant de dégrader l'hémicellulose, l'une des composantes du bois, en la décomposant en sucres de base.

Pourquoi un tel développement ?

La bactérie peut produire le carburant à partir de la biomasse cellulosique qui constitue une source de sucre très bon marché.

L'avantage du biodiesel produit par Escherichia coli est qu'il se comporte comme de l'huile en ne se mélangeant pas à l'eau.

Et les chercheurs se félicitent de cette bactérie qui, suite à des manipulations génétiques, peut être amenée à fabriquer des alcools gras ou des cires.

Ils espèrent que ces développements vont se conclurent sur de vrais produits d'ici un à deux ans.


Emilie Villeneuve