Bioaddict



Enquête : le chauffage collectif, une solution d'avenir ?

Publié Le 1 Décembre 2011 à 14h17
 
Pollution des villes, précarité énergétique, part du nucléaire dans les énergies françaises... La consommation d'énergie requise par le chauffage est au coeur de l'actualité. Comment les Français perçoivent-ils le chauffage du futur ? Les solutions de chauffage collectif de la ville attirent-elles les citadins ? L'association de promotion des réseaux de chaleur et de froid Via sèva a mené l'enquête.

Le chauffage d'aujourd'hui : les grandes tendances

Si les Français sont globalement bien informés sur leur mode de chauffage (93 % des sondés sont au courant du type d'énergie qui l'alimente), ils connaissent moins les méthodes alternatives.  Pourtant, ils sont bien 39% à placer le respect de l'environnement au coeur de leurs préoccupations.

Ils sont plus de trois quarts à citer l'électricité et le gaz sur les neuf énergies couramment utilisées.  Concrètement, l'électricité est perçue comme trop chère pour plus de 60% de l'échantillon mais se distingue positivement pour sa sécurité (45%). En revanche, le gaz séduit 43 % d'entre eux pour son prix mais fait peur à 40%.

Une connaissance avérée sur leur mode de chauffage en contradiction avec leur connaissance du prix à payer: en effet, un tiers d'entre eux ne sait pas dire le montant de sa facture et presque un sondé sur deux n'a pas conscience de l'augmentation des prix de l'énergie (malgré une hausse de 12% entre août 2010 et août 2011 selon l'Insee).

Le chauffage de demain : davantage de réseaux de chaleur ?

Lorsqu'il est question d'avenir, les citadins plébiscitent majoritairement les énergies renouvelables. Plus encore, ils sont conscients que le chauffage de demain passera par l'indépendance énergétique: 40 % d'entre eux voient plus de trois énergies pour alimenter leur chauffage.

Aujourd'hui, les réseaux de chaleur couvrent les besoins de chauffage de 6% de la population française - contre près de 50% dans les pays nordiques, référents dans ce domaine (Enquête 2011 de Euroheat & Power). A l'occasion du Grenelle de l'environnement, les pouvoirs publics ont pris conscience du rôle que ces derniers devaient jouer dans la politique énergétique de la France. Les objectifs fixés à l'horizon 2020 sont un triplement du nombre d'équivalents-logements raccordés (soit un total de 6 millions environ) et une part des énergies renouvelables et de récupération de 75% dans les sources d''approvisionnement des réseaux.

Malheureusement, l'étude montre que 7 Français sur 10 ne savent pas encore ce qu'est un réseau de chaleur. "Cependant, dans leur vision du chauffage d'avenir, ils font ressortir inconsciemment leurs avantages" : 

  • Géothermie, déchets et bois -énergies renouvelables plébiscitées- sont déjà utilisées à hauteur de 31% dans le bouquet énergétique des réseaux de chaleur. Le solaire a également une part minoritaire mais grandissante. C'est là une des clés de l'accès plus rapide du plus grand nombre aux énergies renouvelables.

  • De manière logique, les sondés veulent acheter groupés mais ils veulent aussi garder leur autonomie : pouvoir déclencher soi-même son chauffage à n'importe quelle période de l'année et être facturé individuellement à la consommation réelle. Ce sont des axes d'amélioration sur lesquels les professionnels du secteur travaillent actuellement avec la généralisation de systèmes de compteurs individuels.


"Si seuls 7% des répondants déclarent être chauffés par un réseau de chaleur, plus d'un sondé sur deux marque un intérêt pour ce mode de chauffage" affirme Via sèva.

Afin de converger vers les ambitieux objectifs du Grenelle, plusieurs actions doivent être menées en faveur de ce type de chauffage économe en énergies. Parmi ces mesures, le remplacement des chaudières à énergies fossiles par des chaudières utilisant des énergies renouvelables semble indispensable !

* Enquête initiée par l'association Via sèva avec le soutien de l'Ademe, menée par MV2 en octobre 2011, auprès d'un échantillon représentatif de 1000 personnes en zones urbaines de plus de 30 000 habitants.

Célia Garcin