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Enquête sur Tchernobyl : le lobby nucléaire a gagné !

Publié Le 7 Septembre 2011 à 13h30
 
La justice française vient de rendre son verdict : il est impossible d'établir un lien scientifique entre la catastrophe nucléaire de Tchernobyl de 1986 et les affections constatées en France après le passage du nuage radioactif.

Circulez, il n'y a rien à voir ! Après dix ans de procédure, la cour d'appel de Paris vient de rendre un verdict qui devrait faire hurler les organisations écologistes.  En effet, c'est un non-lieu qui vient d'être rendu dans l'enquête sur les possibles retombées de l'explosion du réacteur ukrainien en France du 30 avril au 5 mai 1986, notamment sur l'Est et la Corse. La cour a ainsi suivi l'avis du parquet général.

Selon le ministère public, les analyses scientifiques du dossier s'accordent pour établir que la catastrophe nucléaire de Tchernobyl n'a pas eu de conséquences sanitaires en France. Plus décevant encore, aucun lien n'a été fait entre le nuage radiaoctif et la déclaration d'un nombre important de troubles de la thyroïde.

" Une augmentation importante des troubles de la thyroïde "

Cette décision survient alors qu'un rapport d'experts dévoilé cet été, co-signé par les professeurs Pierre-Marie Bras et Gilbert Mouthon, a établi une augmentation importante de la proportion des troubles de la thyroïde observée en Corse, après l'accident de Tchernobyl.

Ce travail s'appuyait sur un échantillonnage tiré de 2.096 dossiers du Dr Jean-Charles Vellutini, premier endocrinologue installé en Corse. La principale conclusion de l'étude était l'observation d' "une augmentation importante à très importante après 1986 dans l'espèce humaine de la proportion des troubles thyroïdiens par rapport aux autres affections endocriniennes (ndlr: touchant d'autres glandes), le pourcentage moyen étant de 44% et pouvant atteindre plus de 100%".

"Je vais demander à la Cour de bien vouloir rouvrir les débats pour permettre d'examiner ce rapport et afin de rejeter la demande de non-lieu du Pr Pellerin", avait alors indiqué à l'AFP Me Emmanuel Ludot, avocat des plaignants.

"Tromperie aggravée"

Le professeur Pierre Pellerin, seule personne mise en examen dans le dossier, poursuivi pour "tromperie aggravée", vient pourtant d'être blanchi. A l'époque directeur du service central de protection contre les rayonnements ionisants (SCPRI), l'une des administrations chargées de la question nucléaire, il était suspecté d'avoir caché des informations qu'il détenait sur la radioactivité du nuage.

Là encore, le parquet, suivi par la cour, a écarté toute mise ne cause, estimant que l'existence d'un dommage n'est pas démontrée.

Bernard Fau, avocat des parties civiles, a annoncé un pourvoi en cassation : "C'est une décision qui, du point de vue des victimes et de la société civile, va laisser un goût amer", a-t-il déclaré, selon le site de l'Express. " Beaucoup auront l'impression que c'est une manière de faire sortir un grand dossier par une petite porte ", a-t-il ajouté

Appel à la mobilisation de l'Observatoire du nucléaire

L'Observatoire du nucléaire, organisation écologiste présidé par Stéphane Lhomme, a dénoncé une décision "honteuse" et appelé dans un communiqué à des mobilisations antinucléaires partout en France le 15 octobre "pour exiger une sortie rapide du nucléaire et dénoncer le non-lieu de ce jour". "Une fois de plus, comme c'est actuellement le cas concernant les catastrophes nucléaires de Tchernobyl et de Fukushima, les autorités nationales et internationales n'ont de cesse de mentir concernant les graves conséquences du nucléaire sur la santé publique " a ainsi déclaré Stéphane Lhomme.

Noël Mamère a de son côté dénoncé "un déni de justice qui prouve la force du lobby nucléaire" en France.

Le dossier français de Tchernobyl reste donc à ce jour très opaque. On se souvient de la mauvaise gestion de la crise du gouvernement de Jacques Chirac, en place à l'époque, et des accusations portées par l'opposition sur les "mensonges" liés aux possibles retombées du nuage.

Rappelons que Jacques Chirac et son ministre de l'Environnement Alain Carignon n'avaient pris aucune mesure préventive alors que d'autres pays européens avaient appliqué le principe de précaution en envisageant d'interdire la consommation des produits frais ou la distribution de pilules d'iode à la population.

Célia Garcin