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Etude Séralini sur les OGM : les prémisses d'une remise en cause du tout biotechnologique en agriculture ?

Publié Le 26 Septembre 2012 à 17h01
 
Quelques jours après la révélation, le 19 septembre, des conclusions d'une étude choc sur la toxicité d'un OGM, le professeur Gilles-Eric Séralini se dit aujourd'hui "attaqué de manière extrêmement malhonnête par des lobbies, qui se font passer pour la communauté scientifique". La Fédération Nature et Progrès a souhaité réagir à travers une tribune.
Guy Kastler, porte-parole de Nature & Progrès avec le Professeur Gilles-Eric Séralini dans le film "Severn" de Jean-Paul Jaud

L'étude publiée par l'équipe de G.E. Séralini dans la revue scientifique " Food and Chemical Toxicology " est la première de cette ampleur analysant les impacts sur la santé d'un OGM (le maïs NK 603) et d'un herbicide (le Round up). Elle remet sur le devant de la scène le débat public sur les OGM qu'agences sanitaires, gouvernements et entreprises semencières tentent par tous les moyens d'étouffer.

Comme l'innocuité ou la dangerosité des OGM n'ont jamais été sérieusement étudiées, les travaux et la publication de l'équipe de G.E. Séralini sont un pavé dans la mare biotechnologique. Nature & Progrès espère cette fois que la courageuse équipe de chercheurs n'aura pas trop à pâtir de la stigmatisation dont souffrent, avec une récurrence têtue, tous les scientifiques ayant osé mettre en doute la supposée innocuité des OGM (1) ; laquelle ne repose pourtant, faut-il le rappeler, QUE sur des études de 3 mois, fournies de surcroît par les firmes biotechnologiques elles-mêmes !

Les travaux de G.E. Séralini, menés sur 2 ans - et leurs inquiétants résultats ! - constituent un signal fort sur la nécessité de mener une recherche qui soit digne de ce nom. Car partout en Europe, les crédits consacrés à la recherche publique sont réduits, ce qui conduit les chercheurs à trouver des financements auprès de grands groupes privés ou de fondations. Sachant cela, doit-on s'étonner que seules les biotechnologies soient mises en avant pour assurer le devenir de l'agriculture et de l'alimentation ?

Face à de tels doutes, le gouvernement français doit dès maintenant rendre publiques toutes les données sanitaires et environnementales qui ont permis d'autoriser les OGM et les pesticides : c'est le seul moyen de mettre en oeuvre, par la recherche publique et en toute transparence, une expertise indépendante indemne de tout conflit d'intérêt, et qui réponde aux véritables besoins de la société... sans faire le jeu du marché !

Dans l'attente, les autorisations de mise en marché de ces produits doivent être immédiatement suspendues (2) et le principe de précaution appliqué.

Une autre agriculture, respectueuse du Vivant, des hommes et des animaux est possible. Chaque jour des producteurs et des citoyens le démontrent. Les actes de désobéissance civile des faucheurs volontaires, les travaux et les engagements des chercheurs lanceurs d'alerte, les agricultures biologiques et paysannes qui refusent la dictature des firmes agro-chimiques et leur mainmise sur la nourriture mondiale, sont le dernier rempart de la démocratie ; une démocratie indispensable pour débarrasser définitivement l'agriculture et l'alimentation de tous les poisons OGM et pesticides chimiques de synthèse qui l'envahissent, et à laquelle Nature & Progrès contribue de toutes ses forces.

Une tribune de la Fédération Nature et Progrès

1- Robert Bellé, Ignacio Chapela, Manuela Malatesta, Arpad Pusztaï et Christian Vélot notamment.

2-voir le registre des OGM autorisés dans l'Union Européenne sur le site Internet de la commission : http://ec.europa.eu/food/dyna/gm_register/index_en.cfm