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Forages pétroliers : Shell investit l'océan Arctique

Publié Le 8 Août 2011 à 13h32
 
Les autorités américaines ont approuvé un projet de forages en Arctique du groupe pétrolier Shell. La compagnie doit cependant attendre le début de l'année prochaine, sous réserve de l'obtention des feux verts d'agences de protection de l'environnement.

Jeudi 4 août, la compagnie Royal Dutch Shell a vu ses projets de forage de 4 puits pétroliers en eau peu profondes dans l'Arctique prendre forme. En effet, l'agence de régulation du forage au large des Etats-Unis a approuvé un projet d'exploration de pétrole de la compagnie dans la Mer du Beaufort, à 30 km au large de l'Alaska.

Le réchauffement climatique, qui a déjà fait fondre une partie des glaces d'été en Arctique, laisse entrevoir de nouvelles ambitions aux exploitants de gaz et de pétrole. Il provoque également des querelles de souveraineté sur l'ouverture de nouvelles routes maritimes, entre les différents pays frontaliers de l'Arctique.

L'approbation effective du projet de Shell permettrait au groupe anglo-néerlandais de commencer l'exploitation de cette région du monde dès le mois de juillet 2012.
S'il est tout de même soumis à l'attribution préalable de permis par d'autres agences du gouvernement, dont l'Agence pour la protection environnementale (EPA) et le Service pour la Biodiversité et la Pêche des Etats-Unis, le groupe Shell s'est dit "confiant".

" L'approbation sous condition de notre Plan d'Exploration dans la Merdu Beaufort est une nouvelle bienvenue et vient renforcer notre optimisme prudent pour dire que nous forerons l'Alaska l'an prochain " a ainsi déclaré Kelly op de Weegh, une porte-parole de Shell.

Le risque de marée noire dans une terre de glace

Cette autorisation intervient plus d'un an après la catastrophe environnementale provoquée par British Petroleum dans le Golfe du Mexique. La compagnie britannique avait ainsi déversé 4,9 millions de barils de pétrole brut dans l'océan et souillé près de 400 kms de côtes.

Les défenseurs de l'environnement estiment qu' une marée noire aurait des conséquences dévastatrices sur l'écosystème fragile de la région. Il est en effet difficile de mener des opérations de nettoyage dans les très rudes conditions qui prévalent dans l'océan Arctique.

Dans un communiqué, les ONG américaines Sierra Club, le Centre pour la diversité biologique et la Ligue de défense de la nature d'Alaska ont qualifié la décision des autorités américaines de "dangereuse et décevante". Elles estiment que les agences fédérales ont déjà oublié les inquiétudes engendrées par la marée noire dans le golfe du Mexique l'an dernier.

La semaine dernière, la compagnie Shell a été blâmée dans un rapport accablant de l'ONU pour le désastre environnemental qu'elle a causé dans le delta du Niger. La dépollution de cette zone pourrait prendre jusqu'à 30 ans.

Alicia Muñoz