La principale baisse des émissions (-6,3 Mt éq CO2) est observée dans le secteur des transports (la catégorie " transports " ne prend pas en compte les émissions liées à l'aviation internationale ni celles liées au maritime international puisqu'ils ne sont pas
considérés dans le protocole de Kyoto). La hausse du prix des carburants et l'incorporation des biocarburants ont principalement joué en faveur de cette réduction d'émissions de gaz à effet de serre. La moitié des gains en émissions dans le secteur transport provient notamment de l'incorporation des biocarburants.
Les émissions du secteur des transports ont ainsi augmenté jusqu'en 2001 pour stagner ensuite puis elles ont baissé entre 2004 et 2008. Le niveau des émissions de 2008 est cependant encore supérieur de 13,5 % à celui de 1990.
Deux autres secteurs contribuent à la baisse globale des émissions de GES entre 2007 et 2008 " et ce, en dehors du contexte climatique " : l'industrie manufacturière et les industries de l'énergie. La baisse pour l'industrie manufacturière est deux fois plus importante que celle observée entre 2006 et 2007 pour ce même secteur et touche principalement la chimie et la métallurgie. Cette baisse d'émission est associée, d'une part à une baisse importante des consommations de gaz naturel et de produits pétroliers, ainsi que par une baisse de la production suite à la crise financière à partir de la seconde moitié de l'année 2008.
L'industrie manufacturière affiche notamment une forte baisse de ses émissions entre 1998 et 2000 puis une baisse régulière jusqu'en 2008. Cette baisse depuis 1990 a trois déterminants : l'amélioration des procédés, la substitution vers des énergies renouvelables et la baisse de production. Le niveau des émissions de 2008 est ainsi inférieur de 29,1 % à celui de 1990.
Par contre, le secteur résidentiel/tertiaire enregistre une hausse des émissions. Le niveau des émissions de 2008 est ainsi de 11,4 % supérieur au niveau de 1990. Cette hausse s'explique en partie par les conditions météorologiques plus froides en 2008 qu'en 2007 et par la hausse du nombre de logements entre 2006 et 2008 (+2,6 %) ".
L'amélioration de l'efficacité énergétique dans les bâtiments telle que prévue dans le Grenelle de l'Environnement devrait cependant permettre, dans les prochaines années, de réduire les émissions de GES, en particulier celles associées aux bâtiments existants grâce notamment à l'éco-prêt à taux zéro. De nombreux objectifs d'amélioration de l'efficacité énergétique ont ainsi été fixés par le gouvernement à l'horizon 2020.
Les émissions du secteur agricole, après une forte baisse les années précédentes, due à une diminution des ventes d'engrais, sont également en augmentation entre 2007 et 2008. L'augmentation des émissions est liée à une hausse de 9 % de l'azote apporté aux cultures sous forme d'engrais. La suppression de la jachère obligatoire explique en grande partie cette hausse (décision issue du bilan de santé de la Politique Agricole Commune de 2008). Le niveau des émissions de 2008 est cependant inférieur de 7,8 % à celui de 1990.
Le secteur du traitement des déchets, après une augmentation des émissions entre 1990 et 1998, affiche quant à lui depuis 1998 une baisse régulière de ses émissions. Cette baisse s'explique notamment par une diminution régulière du volume de déchets à traiter suite aux politiques nationales de prévention mises en place. Le niveau des émissions de 2008 est ainsi inférieur de 17,7% à celui de 1990.
Reste à espérer que la baisse des émissions de gaz à effet de serre en France soit encore plus significative en 2009 !
Emilie Villeneuve












