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Gaz de schiste : c'est "non" et c'est "oui"

Publié Le 18 Mai 2011 à 12h09
 
L'Assemblée Nationale a adopté le projet de loi qui dit " non " à la fracturation hydraulique dans l'exploration et l'exploitation des gaz de schiste, mais qui dit " oui " à de nouvelles techniques si elles s'avèrent plus " propres " pour l'environnement. La bataille va devoir continuer.
DOSSIER SPECIAL

Pour éviter les forages polluants des compagnies pétrolières et gazières, l'article 1 de la proposition de loi rédigée par Christian Jacob, et qui vient donc d'être adoptée au Parlement par une large majorité, interdit l'utilisation de la fracturation hydraulique pour l'exploration et de l'exploitation du gaz de schiste. Et les industriels détenteurs de permis qui contourneraient la loi en forant avec cette technique seront passibles d'une amende de soixante-quinze mille euros et d'une peine d'un an de prison .

Mais les Députés n'ont pas voulu exclure définitivement la possibilité d'utiliser cette source d'énergie. Et ils ont accordé aux compagnies concernées un délai de grâce de deux mois pour présenter d'éventuelles nouvelles solutions techniques qui permettraient d'exploiter ces gaz de schiste tout en respectant l'environnement. Au delà de ce délai, si aucune solution technique propre n'est proposée, les permis seront annulés.

Mais d'autres solutions techniques non polluantes existent-elles ? Et ce délai de deux mois sera-t-il suffisant pour que les compagnies fassent des propositions acceptables ? La réponse est non à ces deux questions. Et les Députés le savent bien. Les permis vont donc être très probablement annulés. Alors quelle est leur motivation ?

Les Députés, en accord avec le Premier Ministre François Fillon et le Ministre de l'Energie Eric Besson, veulent tout simplement laisser la porte ouverte à l'exploitation future des gaz de schiste. D'ailleurs, selon l'article 4 de la proposition de loi, le Gouvernement devra suivre de près le dossier et rédiger un rapport annuel à remettre au Parlement sur " l'évolution des techniques d'exploration et d'exploitation du sous-sol français, européen et international ". Et nul doute que dès qu'une solution " propre " sera proposée les permis seront de nouveau accordés.

Quel est le risque ? Que les compagnies pétrolières finissent par monter des usines à gaz techniques parées des vertus écologiques. Mais il faudra compter sur la vigilance des Français qui ont fait preuve d'une grande réactivité et d'une grande maturité face à ce dossier.

Hervé de Malières

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