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Gaz de schiste : La France est le premier pays à interdire la fracturation hydraulique

Publié Le 1 Juillet 2011 à 17h17
 
Hier soir, sous la pression de la société civile et des ONG, le parlement a définitivement interdit l'exploration et l'exploitation des gaz et huile de schiste par fracturation hydraulique. La France devient ainsi le premier pays à prendre l'initiative.
DOSSIER SPECIAL

Suite au vote de l'Assemblé Nationale de la proposition de loi UMP sur le gaz de schiste, c'est le Sénat qui a approuvé hier l'interdiction formelle de fracturation hydraulique. Une technique jugée extrêmement polluante par les ONG et les experts scientifiques.

Toutefois, seule la majorité sénatoriale UMP et centriste a approuvé le texte. La gauche a voté contre, dénonçant un "recul" par rapport au texte initial du député UMP Christian Jacob. En effet, la proposition de loi préconisait à l'origine l'interdiction pure et simple de l'exploration et de l'exploitation du gaz de schiste au nom de la préservation environnementale. Le texte avait alors été amendé, la majorité et le gouvernement ne souhaitant pas fermer définitivement la porte à ces hydrocarbures qui représente une richesse potentielle.

C'est une fronde des élus locaux et écologistes qui avait alerté les pouvoirs publics, ulcérés par l'octroi en catimini de permis d'exploration en mars 2010, dans le sud-est de la France et dans le bassin parisien. Ces autorisations "n'auraient pas dû être accordées avant les travaux que nous avons lancés", a déclaré la ministre de l'Environnement Nathalie Kosciusko-Morizet, dénonçant "une activité industrielle qui peut provoquer des risques et nuisances".

Concrètement, les titulaires des permis français disposeront de deux mois pour déclarer la technique utilisée et c'est seulement s'ils recourent à la fracturation hydraulique, ou s'ils ne se manifestent pas, que les permis seront abrogés.

"L'interdiction de cette seule technique laisse toute latitude à la mise en oeuvre d'une autre méthode toute aussi dévastatrice", a nuancé le sénateur écologiste Jean Desessard. Ce texte "ne clôt pas le débat, l'embrouille et permet aux sociétés d'attendre des jours meilleurs", a déclaré quant a elle Nicole Bricq, députée PS.

Les députés socialistes qui demandaient l'annulation de tous les permis et une remise à plat du code minier, ont renoncé à saisir le Conseil constitutionnel, craignant un trop grand retour en arrière.

Malgré ces limites, il s'agit d'un premier pas très encourageant puisque la France devient le premier pays au monde à interdire l'usage de cette technique d'exploitation lourde en conséquences environnementales. Quels seront les prochains pays à franchir le cap?

Alicia Munoz