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Huile de palme : l'implantation d'une usine en France fait débat

Publié Le 12 Août 2011 à 17h00
 
Dans les rayons de nos supermarchés, l'huile de palme est partout, jusque dans les produits bio. En plein débat sur les risques qu'elle présente pour la santé et l'environnement, Sime Darby, un producteur malaysien, envisage d'implanter une usine de transformation à Port la Nouvelle, dans l'Aude.

Le projet d'implantation d'une usine d'huile de palme à Port la Nouvelle, près de Carcassonne, n'en est pour l'instant qu'au stade des études de faisabilité, mais il suscite déjà de nombreuses réactions. Située sur la méditerranée, l'usine permettrait de "satisfaire la demande croissante de l'Europe du Sud et de l'Afrique du Nord en huiles alimentaires", justifie le groupe Sime Darby.

Le leader de l'huile de palme en France

Plusieurs usines qui importent de l'huile de palme existent déjà à Dunkerque, Rouen ou Saint-Nazaire. Mais à l'heure où le sujet est plus que jamais médiatisé, entre les campagnes récurrentes de Greenpeace sur les impacts de cette industrie sur les forêts, ou les alertes des nutritionnistes et médecins sur ses probables risques sur la santé, ce projet est décrié par les écologistes.

Sime Darby, est un groupe malaysien spécialisé dans les huiles végétales et le leader mondial de l'huile de palme. L'entreprise se targue de participer au développement économique et social des régions où elle s'implante, n'hésitant pas à arborer un slogan teinté de vert : "développer des futurs durable".

La firme valorise le fait que près d'un tiers de sa production est certifié RSPO et bientôt près de la totalité de celle-ci (en Malaisie et Indonésie fin 2011) alors qu'environ 7% de la production mondiale d'huile de palme arbore ce label. Toutefois, la fiabilité du label RSPO reste largement contestée par les écologistes, notamment par l'ONG Les Amis de la Terre.

La société civile s'oppose au projet

Le collectif No palme, qui réunit des citoyens indépendants mais aussi des associations telles que Nature et Progrès, Attac, les Amis de la Terre, et des partis politiques comme EELV et le PCF, reste largement opposés au projet. "Le collectif n'est pas opposé à l'extension du port, mais cette zone ne doit accueillir que des usines moins dangereuses et moins polluantes que celles qui y sont déjà. Actuellement, 4 usines sont classées Seveso seuil haut. Il ne faut pas ajouter du danger au danger" peut-on lire dans un de ses communiqués.

Autre sujet de controverse : l'approvisionnement en huile de palme de la future usine de Port-la-Nouvelle pourrait provenir essentiellement des nouvelles plantations de Sime Darby au Liberia. Un pays qui sort d'une guerre civile meurtrière et qui souffre déjà du phénomène d'accaparement des terres cultivables par les industriels ou par l'Etat.

L'exploitation de l'huile de palme est la première cause de déforestation en Indonésie et en Malaisie. Comme Sime Darby, de plus en plus d'exploitants d'huile de palme visent le continent africain. La région Languedoc-Roussillon pourrait bien participer à la déforestation en ouvrant ses portes à cette usine.

Alicia Muñoz