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Interview : ce qu'il faut savoir sur l'agriculture biodynamique

Publié Le 3 Septembre 2012 à 10h30
 
Dans cette interview, les deux "médecins du sol" Claude et Lydia Bourguignon répondent à nos questions sur l'agriculture biodynamique. Quelle est la différence avec l'agriculture bio ? Comment franchir le cap de la biodynamie et avec quelles aides ? Pour tout savoir sur cette pratique des plus respectueuses de l'environnement, c'est par ici !
Lydia et Claude Bourguignon, chercheurs au LAMS

Bioaddict.fr : Qu'entendez-vous par le concept de "mort des sols" ?

C&L Bourguignon : On parle de mort des sols lorsque leur activité biologique est trop basse pour pouvoir nourrir les plantes et que celles-ci deviennent totalement dépendantes des engrais. La mort des sols est provoquée par l'excès d'engrais et par l'irrigation. Elle est passée de 4% à 1.6% en France de 1950 à 2000. Privée de matière organique, la faune des sols meurt alors que c'est elle qui permet de les oxygéner et de faire remonter les éléments nutritifs. Sans faune, les sols s'asphyxient et perdent donc leur fertilité.

- Quels avantages peut-on tirer d'une conversion à la biodynamie ?

Ils sont multiples : les économies liées à la non utilisation d'intrants chimiques, l'augmentation de la qualité du produit et donc l'accès à des niches économiques porteuses.

- Y-a-t'il des conditions particulières à remplir avant de pouvoir se lancer dans l'agriculture biodynamique ?


Il faut seulement attendre trois ans, c'est la législation. Nos recherches ont conclu que c'est le temps nécessaire pour faire remonter un peu l'activité biologique d'un sol (entre 2 et 3 ans).

Le terme agriculture biologique est légalement protégé en France depuis la loi d'orientation agricole du 4 juillet 1980 et le décret du 10 mars 1981, lesquels l'ont définie, et ont fixé les conditions d'homologation des cahiers des charges. Ils précisent également les substances pouvant être utilisées dans la production, la conservation et la transformation des produits agricoles dits biologiques.


- Quelles sont les aides ou formations mises à disposition des intéressés pour effectuer une transition ?

Il existe des modules d'agriculture biologique dans les formations pour adultes en lycée agricole ou CFPPA mais aussi sur le terrain avec des stages pratiques dans des exploitations déjà existantes. Pour les moyens financiers, la formation peut être prise en charge par un organisme de formation/crédit d'impôts formation.

Les agriculteurs doivent investir dans du matériel adapté au type de culture. Par exemple : pour des semis direct sous couvert, un semoir en semis direct. Mais en contre parti, ils n'auront plus besoin de charrue, et de tout autre matériel nécessaire au travail du sol préalble aux semis.

Pour la biodymanie, il faut savoir que l'on suit, entre autres, le rythme lunaire. C'est un investissement personnel qui demande de la disponibilité.

- Pouvez-vous nous présenter votre laboratoire d'analyse de sol (LAMS) et nous expliquer ses missions ?

Le LAMS est un laboratoire d'analyse des sols indépendant au service des agriculteurs, vignerons, terrains sportifs, maraîchers, arboriculteurs, éleveurs, associations et collectivités locales. L'analyse effectuée nécessite un déplacement sur place (nous ne faisons pas l'analyse d'échantillons envoyés par la poste). Certaines données nous sont indispensables sur le sol en place (analyse, environnement, observation) car nous l'analysons sur le plan physique, chimique et biologique. Ce diagnostic permet de connaître les réserves du sol en kg/ha et de réaliser en conséquence, des économies d'engrais. Enfin, dans un second temps, nous faisons des recommandations d'"itinéraires techniques restaurateurs de fertilités" comme le BRF (bois ramèal fragmenté) ou le semis direct sous couvert.

Propos recueillis par Alicia Munoz