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L'ONU au secours de la biodiversité

Publié Le 21 Décembre 2010 à 20h15
 
Les Nations Unies viennent de décider aujourd'hui de créer un groupe d'experts international, l'IPBES, équivalent à celui du climat, pour sauvegarder la biodiversité.

Ni le climat, ni la biodiversité ne s'arrêtent aux frontières des Etats. Il est donc évident que ces deux thèmes écologiques majeurs ne peuvent être gérés qu'au niveau international.

Concernant le climat, cela fait déjà 22 années qu'une plateforme internationale d'experts, le GIEC (Groupe d'experts Intergouvernemental sur l'Evolution du Climat), a été créée par l'ONU afin d'évaluer l'évolution du climat et de faire des préconisations aux responsables politiques.

Ces experts ont ainsi constaté que la température moyenne du globe avait augmenté, notamment ces 20 dernières années, et que ce réchauffement climatique était d'origine humaine, provoqué par les rejets massifs de gaz à effet de serre issus tout particulièrement de la combustion de charbon et de pétrole. Il s'en est suivi une prise de conscience collective, et surtout politique, des conséquences désastreuses potentielles de ce réchauffement. Et, même si on peut regretter que cela soit encore très insuffisant, des mesures concrètes ont été prises dans beaucoup d'Etats pour tenter de limiter l'augmentation de ce réchauffement à moins de 2°C.

Mais concernant la biodiversité, végétale et animale, alors que nous savons qu'elle est tout à fait vitale pour l'homme, et qu'elle est de plus en plus menacée ( forte diminution des poissons liée à la surpêche, disparition de beaucoup d'insectes qui jouent un rôle majeur dans la pollinisation du fait de l'utilisation massive de pesticides dans l'agriculture ), et que la disparition des espèces est irréversible, aucune instance scientifique internationale ne fait aujourd'hui autorité. Pourtant, comme vient de le rappeler Nathalie Kosciusko-Morizet, la France avait demandé, dès 2005, lors de la conférence internationale " Biodiversité, science et gouvernance " qui s'est tenue à Paris à l'UNESCO, la mise en place d'un mécanisme scientifique international capable de répondre, dans le domaine de la biodiversité, aux besoins des Gouvernements, sur le modèle du GIEC dans le domaine du climat.

C'est pourquoi, alors que se termine l'année 2010, décrétée année de la biodiversité, on ne peut que se réjouir de la création par l'ONU de l'IPBES (Intergovernmental platform on Biodiversity and Ecosystem Services) dont la mission va être d'informer les décideurs politiques et le grand public sur les enjeux environnementaux, sociaux mais aussi économiques liés à la préservation de la nature.

Quelques semaines après la Conférence de Nagoya, la sauvegarde de la biodiversité est donc enfin reconnue au plus haut niveau politique comme un enjeu majeur.

L'Assemblée générale des Nations-Unies a demandé au Programme des Nations-Unies pour l'environnement d'organiser le plus rapidement possible la première réunion plénière de l'IPBES* pour que cette instance devienne rapidement opérationnelle.

Hervé de Malières

*IPBES: Intergovernmental platform on Biodiversity and Ecosystem Services