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La Commission européenne va devoir renforcer son action contre les perturbateurs endocriniens

Publié Le 4 Mai 2019 à 12h21
 
Les eurodéputés ont décidé le 18 avril que la Commission européenne devait prendre rapidement des mesures pour protéger la santé humaine et l'environnement des effets des perturbateurs endocriniens. Leur vote intervient juste après la publication d'un rapport révélant la contamination des eaux de surface de nombreux départements français par des "cocktails de pesticides perturbateurs endocriniens".
Le 18 avril 2019 a été votée la proposition du Parlement en faveur d'un cadre complet de l'Union européenne sur les perturbateurs endocriniens. L'adoption de la Résolution à 447 voix sur 502 votes vient confirmer la nécessité de considérer avec le plus grand sérieux la menace que la dissémination des perturbateurs endocriniens fait courir pour la santé et l'environnement. Cette décision vient pousser la Commission à renforcer son action afin d'adopter un cadre réellement protecteur.

 

Les eurodéputés ont adopté très majoritairement (447 voix sur 502) le 18 avril 2019 une résolution demandant à la Commission européenne de renforcer son action contre les perturbateurs endocriniens (PE) qui dérèglent le système hormonal. Ils attendent qu'elle prenne " rapidement les mesures qui s'imposent pour garantir un niveau élevé de protection de la santé humaine et l'environnement contre les perturbateurs endocriniens en réduisant au maximum, dans les faits, l'exposition générale des êtres humains et de l'environnement à ces substances ". Ils veulent qu'elle formule des propositions au plus tard en juin 2020 pour combler les failles règlementaires. Il est question d'insérer des dispositions protectrices dans les règlements sur les produits cosmétiques, sur la sécurité des jouets ainsi que sur les matériaux et objets destinés à entrer en contact avec des denrées alimentaires.

"L'adoption de cette résolution à une si large majorité est une excellente nouvelle. (...) Mais, rappelons que les propositions émises dans le deuxième volet de cette stratégie, qui est actuellement en cours d'adoption, sont encore très insuffisantes. Une action plus large, un cadre législatif harmonisé et plus protecteur sont indispensables pour être à la hauteur de l'enjeu sanitaire. Combler les vides réglementaires concernant la présence de nombreuses substances perturbatrices endocriniennes dans les produits cosmétiques, les emballages alimentaires et les jouets serait une réelle avancée. Nous attendons à présent de la Commission qu'elle prenne ses responsabilités et agisse avec la plus grande fermeté pour protéger la santé des citoyens européens et l'environnement", commente l'association Générations Futures.

D'inquiétants "cocktails de pesticides perturbateurs endocriniens" retrouvés dans les eaux de surface de nombreux départements français

Ce vote intervient juste après la publication le 16 avril d'un nouveau rapport de l'ONG Générations Futures qui fait le point sur la présence des PE dans les eaux de surface en France métropolitaine, en Martinique et à la Réunion. Ce rapport est basé sur les données officielles de 2015 concernant les eaux de surface, publiées par les Agences de l'eau (base Naïade).
Résultats : la moyenne des pesticides (substances actives) ayant un effet de perturbateur endocrinien, quantifiées par département, est de 41 sur les 232 recherchées. Les écarts sont importants : 4 en Corse du Sud, 90 dans le Calvados. Les trois substances qui arrivent le plus fréquemment en tête sont le glyphosate (37 départements), l'Atrazine-Déséthyl (30 départements), le Métolachlor (15 départements). Pour mémoire, l'Atrazine et le Métolachlor sont interdits en France et dans l'Union européenne depuis 2003.

Ces résultats "montrent que la chimie agricole menace la biodiversité aquatique". Ils sont également "l'indicateur d'une contamination importante de l'environnement dans lequel vivent les humains" commente Générations Futures.

Des effets transgénérationnels sur la santé humaine

Les perturbateurs endocriniens sont soupçonnés d'être à l'origine d'une multitude de problèmes de santé. Ils causeraient des dérèglements du système reproducteur, seraient en cause dans les cancers hormonaux-dépendants et provoqueraient des anomalies de développement au stade prénatal. Leurs effets seraient transgénérationnels : ils peuvent affecter la descendance des individus exposés, selon l'Institut national de la recherche et de le sécurité (Inrs). Près de 800 substances chimiques ont été identifiées par le Programme des nations unies pour l'environnement (PNUE) et l'Organisation mondiale de la santé (OMS) comme pouvant interférer avec le système hormonal et pour la plupart, elles n'ont pas été étudiées. Autant d'éléments qui imposent de réduire rapidement et drastiquement l'exposition des citoyens européens et de la faune.

Anne-Françoise Roger

Pour connaître la qualité des eaux de surfaces près de chez vous, consultez le site naiades.eaufrance.fr.