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La pollution atmosphérique a coûté à l'Europe jusqu'à 169 milliards d'euros en 2009

Publié Le 3 Décembre 2011 à 13h20
 
La pollution atmosphérique générée par les 10 000 établissements polluants les plus grands d'Europe a coûté aux citoyens entre 102 et 169 milliards d'euros en 2009. C'est l'une des conclusions qui ressort d'un nouveau rapport de l'Agence européenne pour l'environnement (AEE) sur les coûts du préjudice pour la santé et l'environnement induit par la pollution atmosphérique.

Seulement 622 sites indutriels contribuent aux trois-quarts de ce montant et la moitié de ce coût (entre 51 et 85 milliards d'euros) résulte de l'activité de seulement 191 établissements.

"Notre analyse révèle le coût élevé de la pollution engendrée par les centrales électriques et autres grandes usines industrielles", a déclaré le Pr Jacqueline McGlade, directeur exécutif de l'AEE.

"Les coûts estimés sont calculés à partir des émissions déclarées par les établissements eux‑mêmes. En utilisant les outils existants employés par les décideurs politiques pour estimer le préjudice pour la santé et l'environnement, nous avons révélé certains des coûts dissimulés de la pollution. Nous ne pouvons nous permettre d'ignorer ces problèmes", a ajouté le Pr McGlade.

Le rapport, intitulé "Revealing the costs of air pollution from industrial facilities in Europe" ("Révéler les coûts de la pollution atmosphérique provenant d'établissements industriels en Europe"), donne une liste des établissements les plus polluants.

Dans cette liste, on trouve notamment en France : Arcelormittal Site De Dunkerque, Edf Unite De Production Thermique Du Havre, Correze Incineration (Rosiers-D'egletons), Raffinerie de Normandie (Harfleur), Centre de Production Thermique EDF de Blenod (Pont-A-Mousson), Centrale De Bellefontaine, Centre de Production Thermique de Vitry Sur Seine, Raffinerie des Flandres, Total Petrochemicals France Usine de Gonfreville, Brasserie Heineken de Mons, TOTAL E&P France - Usine de Lacq, SNET - Centrale de Provence (Meyreuil, Total Raffinage Marketing (Donges),...

L'analyse couvre les établissements industriels tels que les grandes centrales électriques et les raffineries, mais aussi les combustions résultant des activités de fabrication, les processus industriels, les déchets et certaines activités agricoles. Les émissions des centrales électriques représentent la plus grande part des coûts (de l'ordre de 66 à 112 milliards d'euros). Les autres principales sources de coûts sont les processus de production (23 à 28 milliards d'euros) et les combustions résultant des activités de fabrication (8 à 21 milliards d'euros). L'analyse de l'AEE ne tient pas compte des transports, du secteur des ménages et de la plupart des activités agricoles, qui augmenteraient encore les coûts de la pollution.

Les principales conclusions de l'AEE

  • En 2009, la pollution de l'air résultant des établissements pris en compte dans l'analyse de l'AEE a coûté environ 200 à 330 d'euros en moyenne à chaque citoyen européen.
  • Les pays comptant un nombre élevé de grands établissements, comme l'Allemagne, la Pologne, le Royaume-Uni, la France et l'Italie, sont ceux ayant contribué le plus au coût total de ces dommages. Cependant, si l'on pondère les coûts afin de refléter la productivité de l'économie de chaque pays, le classement change de manière significative. Les émissions de pays comme la Bulgarie, la Roumanie, l'Estonie, la Pologne et la République tchèque sont alors relativement plus importantes en ce qui concerne le coût des dommages.
  • La majorité des coûts de dommages est imputable à un petit nombre d'établissements. Les trois quarts des coûts totaux résultent des émissions de 622 établissements industriels seulement, soit 6 % du nombre total. Les établissements dont les émissions sont les plus coûteuses figurent en général parmi les plus grands d'Europe et rejettent la plus grande quantité de polluants.
  • Les émissions de dioxyde de carbone (CO2) représentent la majeure partie de l'ensemble des coûts, à savoir environ 63 milliards d'euros en 2009. Les polluants atmosphériques qui contribuent aux pluies acides et peuvent provoquer des problèmes respiratoires, par exemple le dioxyde de soufre (SO2), l'ammoniac (NH3), les particules (PM10) et les oxydes d'azote (NOx), sont responsables de dommages à hauteur de 38 à 105 milliards d'euros par an.

Mathilde Emery

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