Le Medef juge la taxe carbone incohérente et demande son report en 2011

Publié Le 7 Janvier 2010 à 13h28
 
Laurence Parisot, présidente du Medef
Suite au Conseil des Ministres qui a eu lieu ce mardi 5 janvier, Luc Chatel, le porte parole du gouvernement, a déclaré que la taxe carbone rentrerait en vigueur le 1er juillet 2010. Le MEDEF a alors demandé hier, dans un communiqué, son report à la loi de Finances 2011 en soulignant les "inégalités et incohérences" du dossier.

Laurence Parisot, Présidente du Medef, a déclaré " au moment où nous sommes tous mobilisés, gouvernement, syndicats, patronat, pour défendre nos industries, la taxe carbone telle qu'elle est actuellement envisagée est incohérente. Donnons-nous du temps pour faire bien ".

Dans son communiqué, le Medef souligne que "l'objectif d'une taxe carbone n'est pas de créer un rendement fiscal nouveau, mais d'émettre " un signal prix ". Or, si cette logique, dans le projet gouvernemental, était appliquée pour les ménages avec un système de compensations, elle ne l'était pas pour les entreprises".

Le Medef demande donc "que toute taxe carbone appliquée aux entreprises soit compensée pour toutes les entreprises".

Le Medef évoque également la "double peine" que la taxe carbone infligerait aux entreprises : "La France a accepté en 2003 de participer au marché des quotas européens d'émission de gaz à effet de serre. 1100 installations constituant l'ossature de l'industrie française sont ainsi assujetties au système européen. Depuis 2005, ce système a fait la preuve de son efficacité en imposant une limitation stricte des émissions de CO2 mais avec des coûts supplémentaires importants. Pour ces établissements, une taxe nationale, s'ajoutant aux contraintes fortes générées par le système européen, équivaut à une  double peine qui met leur compétitivité gravement en danger".

Jean-Pierre Clamadieu, Président de la Commission Développement durable du Medef, a également précisé qu' "une taxe carbone pour toutes les entreprises est à peine soutenable, alors que la situation économique reste très difficile. Une taxe carbone pour les entreprises soumises aux quotas européens revient à une perte de compétitivité irrattrapable. Trouver la bonne solution pour répondre à la censure du Conseil constitutionnel sans altérer notre compétitivité va demander du temps".

Ainsi, toute la difficulté du dossier repose sur la question suivante: comment taxer les industries polluantes tout en préservant leur compétitivité ? Une question bien difficile à laquelle le gouvernement doit maintenant trouver une réponse...

Stella Giani

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Le 27 Mars 2010 à 18h42
Avis de décès ou de tempête ? La taxe carbone vient de pousser son dernier cri et se trouve remisée aux calandres grecques. Faut-il s’en réjouir ou s’en offusquer ? N’y a t-il surtout pas eu tromperie sur la marchandise ? Car au fait de quoi s’agissait-il au juste ? Bien des questions qui laissent songeur. A l’heure où tout un chacun semble enfin se mobiliser en masse pour la défense de la planète, le train de mesures effectives semble déraillé."

Tout d’abord soyons un peu pédagogue et revenons aux origines de cette fameuse taxe carbone. Que signifient ces deux termes « taxe » et « carbone » et pourquoi posent-ils un problème auprès du grand public ?

Taxe a une réelle connotation négative car obligatoire par le fait même que c’est un impôt : nous n’avons pas le choix, il faut payer. Dans un pays comme la France, les taxes semblent pulluler, sont des parasites et donc insupportables. Par ailleurs la répartition et l’incompréhension de toutes ses taxes donnent une impression d’injustice socio-économique. Bref la taxe veut dire Etat, c’est lui qui perçoit et qui redistribue… à qui, à quoi, comment ? Grand « flou artistique » ! D’où l’accueil négatif réservé à chaque annonce d’une nouvelle taxe.

Carbone depuis le temps que l’on nous en rabâche avec ce fléau… mais l’est-il vraiment ? N’est-ce pas plutôt son rejet de CO2 par l’usage abusif d’énergies fossiles qui se trouve mis en cause ? Tout le monde connaît la réponse. J’insiste bien sur cette question : est-ce le carbone ou son rejet ? Est-ce la matière ou l’activité humaine ? Chacun a… sa réponse. Ici le bas blesse car la solidarité ne s’exerce plus et évacue d’un trait la question… et la réponse. Le doute s’installe, d’où un rejet évident de la population.

Cette fameuse taxe carbone d’où coule beaucoup d’encre veut contribuer au financement de la lutte pour la défense de la planète. Cela vient d’un très bon sentiment, en cela rien à redire. Seulement la volonté existe-t-elle encore vraiment… et ce depuis le sommet de Copenhague fin 2009, avec de plus le retour en force des climato-sceptiques ? Tout vient de là !

Dans cette conjoncture incertaine la lutte devient de plus en plus difficile… passer aux actes et non plus se contenter de symboles reste encore un cap réel à franchir. Manque de pédagogie ! Manque de conviction ! De beaux documentaires et de belles paroles ne suffisent plus. Il faut agir au quotidien… souvent s’obliger et ne plus accepter certains comportements de notre part.

Alors taxe carbone ou pas… nous devons contribuer à défendre notre planète. Aujourd’hui nous pouvonsencore choisir la méthode douce avec des moyens efficaces immédiatement et dans la durée, qui s’adressent à tout le monde, dont l’investissement est vite amorti (par exemple la Conduite Environnementale[title]*–ou éco conduite-). Si nous laissons aller les choses… elles s’imposeront d’elles-mêmes.

Conseil de lecture : "Le plein s’il vous plaît !" La solution au problème de l’énergie - Jean-Marc JANCOVICI & Alain GRANDJEAN.

*Pour en savoir plus sur la Conduite Environnementale - ou éo conduite - http://www.ademe.fr (infos et conseils),ou http://www.sceve.com (conseils, formations et stages)