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Le plan du PNUE pour une transition vers une économie plus verte et un monde meilleur


Sommaire
1 - Une économie verte pour un monde meilleur et plus durable
2 - Quelles politiques pour une transition vers une économie verte ?
3 - Rio 2012 : yes we can !
Publié Le 26 Février 2011 à 18h05
 
Selon un rapport du PNUE publié le 21 février, investir 2 % du PIB mondial dans dix secteurs clés permettrait de lutter contre la pauvreté et de mettre en ouvre la transition vers une économie plus verte caractérisée par de faibles émissions de carbone et l'utilisation efficace des ressources.

Soutenu par des politiques nationales et internationales soucieuses de l'avenir, cet investissement, qui représente environ 1,3 mille milliards de dollars par an en moyenne sur la base des chiffres actuels, permettrait à l'économie mondiale de connaître un taux de croissance à peu près égal, si ce n'est supérieur, aux prédictions des modèles économiques en vigueur. Mais sans aggraver les risques, les chocs, les pénuries et les crises de plus en plus inhérents à l'économie " brune " existante, responsable de l'épuisement des ressources et du niveau élevé des émissions de carbone.

Les conclusions de ce rapport remettent ainsi totalement en cause le mythe de l'arbitrage entre investissements environnementaux et croissance économique et pointent du doigt la " mauvaise allocation flagrante des capitaux " actuelle.

"Une économie verte est pertinente non seulement pour les économies plus développées mais elle constitue également un catalyseur essentiel de croissance et d'éradication de la pauvreté dans les pays en développement, où près de 90 % du PIB généré par les populations pauvres dépendent de la nature ou du capital naturel tel que les forêts et l'eau douce", précise ainsi le rapport.

Le document cite notamment l'Inde dont le National Rural Employment Guarantee Act, un programme assurant au moins 100 jours de travail rémunéré aux ménages ruraux, investit plus de 80 % des 8 milliards de sa dotation dans des activités liées à la conservation de l'eau, l'irrigation et le développement foncier. Ce programme a généré trois milliards de jours de travail dont ont profité près de 60 millions de ménages.

Le rapport cite encore le Cambodge, l'Indonésie, les Philippines et le Vietnam qui perdent aujourd'hui 2 % de leur PIB combiné du fait des maladies d'origine hydrique dues à la mauvaise qualité de l'assainissement. Des politiques réorientant plus de 0,1 % du PIB mondial par an pourraient contribuer à résoudre les problèmes d'assainissement et préserver l'eau douce grâce à une réduction de la demande en eau d'un cinquième par rapport aux estimations d'ici 2050.

Le rapport a modélisé les résultats de politiques qui redirigeraient environ 1,3 trillion de dollars par an vers des investissements verts et dix secteurs clés, soit environ 2 % du PIB mondial. À titre de comparaison, cette somme représente moins d'un dixième de l'investissement total annuel dans le capital physique.

À l'heure actuelle, entre 1 et 2 % du PIB mondial sont consacrés à diverses subventions qui perpétuent souvent l'utilisation non durable des ressources dans des domaines tels que les combustibles fossiles, l'agriculture (y compris les subventions aux pesticides), l'eau et la pêche. Or, un grand nombre d'entre elles participent à la dégradation de l'environnement et à l'inefficacité de l'économie mondiale. Leur réduction ou leur disparition progressive présenterait de multiples avantages et libérerait des ressources pour financer la transition vers une économie verte.

Revenus et emploi : vers un modèle durable

Outre une élévation du taux de croissance, la transition globale vers une économie verte dégagerait des revenus par habitant supérieurs à ceux des modèles économiques actuels et réduirait l'empreinte écologique de près de 50 % en 2050.

Le rapport du PNUE reconnaît que la marche vers le développement durable passerait inévitablement par des pertes d'emploi dans certains secteurs, tels que la pêche. Pour assurer une transition équitable et socialement acceptable, il faudra ainsi investir, parfois par réallocation des sommes récupérées de la baisse des subventions néfastes, dans la formation et l'acquisition de nouvelles connaissances pour certains pans de la main d'oeuvre mondiale.

Le rapport démontre qu'au fil du temps le nombre " d'emplois nouveaux et décents créés " dans des secteurs allant des énergies renouvelables à une agriculture plus durable compensera cependant les pertes de ceux générés par l'ancienne " économie brune ".

Il affirme, par exemple, qu'investir environ 1,25 % du PIB mondial par an dans l'efficacité énergétique et les énergies renouvelables diminuerait la demande mondiale d'énergie primaire de 9 % en 2020 et de près de 40 % en 2050.

Le niveau d'emploi du secteur de l'énergie serait supérieur d'un cinquième à celui du scénario de maintien du statu quo car les énergies renouvelables représenteraient près de 30 % de la demande mondiale d'énergie primaire d'ici le milieu du siècle.

Dans un scénario d'économie verte, les économies de capitaux et de coûts de combustible pour la production d'électricité s'élèveraient à 760 milliards de dollars par an en moyenne entre 2010 et 2050.

Le rapport met également en avant les possibilités considérables que présenterait le découplage de la production de déchets de la croissance du PIB, y compris en termes de récupération et de recyclage.

La politique de responsabilité élargie des producteurs de la République de Corée a ainsi réglementé les produits du type batteries/piles, pneus et emballages (verre et papier) et engendré une augmentation de 14 % des taux de recyclage et un bénéfice économique de 1,6 milliard de dollars.

Au Brésil, le recyclage génère déjà un gain de 2 milliards de dollars par an tout en évitant l'émission de 10 millions de tonnes de gaz à effet de serre. Une économie pratiquant le recyclage intégral dans ce pays dégagerait un bénéfice équivalent à 0,3 % du PIB.