Le travail des insectes pollinisateurs est plus efficace que l'intensification agricole !

Publié Le 2 Mai 2014 à 15h14
 
Une nouvelle étude révèle que l'agriculture à plus à y gagner en rendement en préservant la biodiversité et la pollinisation qu'en intensifiant ses pratiques.
Des ruches au milieu des champs

Une étude visant à évaluer l'importance des insectes pollinisateurs pour les terres agricoles métropolitaines, menée sur 54 cultures en France de 1989 à 2010 par des chercheurs du CESCO (Muséum national d'Histoire naturelle/CNRS/UPMC), de l'Université d'Orléans et de l'Institut National de la Recherche Agronomique, vient de montrer que l'intensification de l'agriculture est de moins en moins efficace pour améliorer la productivité des cultures à mesure que celles-ci sont de plus en plus dépendantes des pollinisateurs. Ainsi cette intensification qui est censée augmenter les sacro-saints rendements ne permet pas en réalité de les augmenter, voire occasionne plus de variabilité, pour les cultures hautement dépendantes du service de pollinisation et affecte en pratique négativement les pollinisateurs et le service de pollinisation qu'ils fournissent (35% de la production agricole mondiale dépend d'insectes pollinisateurs sauvages).

Selon les chercheurs du Cesco, l'enjeu est donc désormais de développer de nouvelles approches agricoles permettant de maximiser les rendements sans intensifier toujours plus, mais en en se reposant intelligemment sur les services écosystémiques fournis gratuitement par la biodiversité. Le bio, le respect de la nature, l'agro-écologie pour laquelle se bat notre Ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll, voilà la bonne solution.

L'étude a été publiée dans la revue "Frontiers in Ecology and the Environment".

Stella Giani