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Les 5 raisons qui freinent en France la baisse de la consommation d'énergie

Publié Le 18 Janvier 2014 à 13h17
 
Une étude du Credoc vient de révéler les principaux freins qui limitent la sobriété énergétique en France. Et ils ne vont pas être faciles à lever.
DOSSIER SPECIAL

La transition énergétique passe par une baisse de la consommation d'énergie. Dans la construction neuve les nouveaux systèmes d'isolation et de chauffage permettent de réduire fortement cette consommation. Mais 75 % des logements qui seront habités en 2050 sont déjà construits. Et les habitations anciennes d'avant 1975 consomment deux fois plus d'énergie par mètre carré pour le chauffage que les habitations plus récentes. C'est donc sur la rénovation du parc ancien que les efforts doivent porter. Mais le comportement des français au-delà des écogestes est loin d'aller dans ce sens, et ceci pour plusieurs raisons.

Peu d'investissement dans les économies d'énergie

La majorité des Français ont bien compris la nécessité d'améliorer la qualité thermique de leur habitation pour réaliser des économies. Ainsi une majorité déclare avoir déjà réalisé des travaux d'isolation (60 %) et adopté des comportements économes (51 %), parmi lesquels l'utilisation des ampoules basses consommation (60 %). En revanche, constate le Credoc, ils ne sont qu'une minorité à avoir changé de système de chauffage pour une installation plus performante (30 %), et à avoir remplacé leurs équipements par des appareils de classe A (38 %). Les écogestes qui ne coûtent pas trop cher l'emportent donc encore et toujours sur les investissements lourds.
Seul un tiers des Français propriétaires envisagent d'investir pour améliorer leur logement (33 %), et seuls 20 % pensent à des travaux pour économiser l'énergie, notamment pour disposer d'un système assurant une meilleure efficacité thermique (18 %).

Le confort continue à être privilégié

Par ailleurs, tout en se prononçant pour la sobriété énergétique, les Français restent très attachés à leur confort en termes de chauffage et de liberté de déplacement, même si 69 % disent qu'ils sont plutôt d'accord avec l'idée qu'il faut renoncer à une partie de son confort, par exemple en se chauffant moins, ou en se déplaçant moins, pour contribuer à réduire les consommations d'énergie de la France.
L'aspiration au confort thermique, à travers la possibilité d'assurer chez soi une température intérieure suffisamment élevée, en est un exemple révélateur. Ainsi explique le Credoc, sur les principes les Français semblent disposés à des efforts de sobriété en s'ajustant sur la température de chauffage retenue comme la norme : 63 % estiment que l'on ne doit pas se chauffer à plus de 19 °C. Mais dans la réalité, la mesure de la température dans la pièce de séjour des habitations montre que la moyenne se situe au-dessus de 20 °C, et atteint 21 °C dans les habitations récentes. C'est la traduction des " effets rebonds " qui font que l'efficacité thermique des constructions récentes (maisons BBC, immeubles HQE) ne conduit pas à l'économie maximale de consommation d'énergie escomptée.

Peu d'innovation dans les habitations

À la question " vous sentez-vous plus ou moins concerné par le réchauffement climatique ? ", la majorité des Français se définit comme très sensible (57 % se positionnent entre 7 et 10 sur une échelle de 1 à 10). Mais à la question " vous sentez-vous plus ou moins concerné par les innovations pour le confort de la maison ? ", ils ne sont plus que 37 % à s'afficher très concernés (entre 7 et 10 sur une échelle de 1 à 10). Les Français restent donc peu convaincus des avantages de l'automatisation et de la régulation des systèmes dans leur logement. Le poids du parc ancien et l'absence de processus de renouvellement régulier des systèmes expliquent, selon le Credoc, cette très grande inertie que l'on retrouve également dans les bâtiments d'activité, notamment dans le tertiaire de bureau.

Manque d'adhésion à l'urbanisme durable

Les Français sont en outre peu nombreux à adhérer aux formes actuelles de l'urbanisme durable, que ce soient les maisons individuelle BBC ou à " énergie positive ", ou les écoquartiers. Et loin de plébisciter cette voie, déplore le Credoc, ils ne sont que 31 % à trouver cet urbanisme attractif au point d'envisager de le rechercher s'ils déménagent.

Manque d'adhésion à la domotique

Enfin à la question : " Seriez-vous disposé à investir dans la domotique ? seulement 29 % des Français de moins de 40 ans répondent oui. Et 67 % d'entre eux disent qu'ils ne sont pas ou peu disposés à le faire.

Des chiffres qui doivent faire réfléchir le Gouvernement s'il veut encourager les Français à se lancer dans la sobriété énergétique pour atteindre ses objectifs de réduction de la consommation d'énergie.

Hervé de Malières