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Les oiseaux nous alertent eux aussi sur le péril climatique

Publié Le 9 Décembre 2009 à 11h34
 
Les oiseaux sont de très bons indicateurs du changement climatique. A la demande du ministère de l'écologie, la LPO, la Ligue pour la protection des oiseaux, analyse donc chaque année le comportement d'espèces indicatrices, qui sont susceptibles de réagir au réchauffement climatique en cours. En Europe, des oiseaux comme le pouillot siffleur, le gobemouche noir ou encore les mésanges nonnette et boréale souffrent visiblement de ces changements.
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Une macreuse noire.
Une macreuse noire.

La Ligue pour la protection des oiseaux constate actuellement que l'oie cendrée, qui hivernait principalement en Espagne, ne traverse plus les Pyrénées et passe désormais l'hiver en France en grand nombre.

Nos cigognes migrent normalement en Afrique tropicale pour hiverner. Mais plus d'un millier de cigognes blanches restent actuellement dans le sud et l'ouest de la France. Quant aux hirondelles, le meilleur moyen de résister aux rigueurs du froid est d'hivernant dans des zones particulièrement douces, notamment en Bretagne.

Certains rapaces migrateurs comme la bondrée apivore ou le busard des roseaux partent plus tôt d'Europe que par le passé. " D'une part parce que ils ont fini plus tôt leur reproduction, mais aussi et sans doute, pour anticiper des périodes de sécheresse plus précoces au sud du Sahara ", explique la Ligue.

Les oiseaux qui avaient l'habitude de passer la mauvaise saison sous nos latitudes ont aujourd'hui tendance à rester plus au nord, autour des mer Baltique et du nord. C'est le cas de la macreuse noire, un canard marin nichant dans la toundra. Mais aussi de petits passereaux comme l'alouette haussecol, la linotte à bec jaune ou le bruant lapon.

Réguler le climat pour protéger les oiseaux

L'arrêt complet de la déforestation et de l'assèchement des zones humides dès 2020 est prioritaire pour la LPO qui se bat pour protéger la biodiversité et les écosystèmes.

Or, à la lumière d'études récentes, le réchauffement climatique est montré du doigt dans la disparition d'espèces, notamment les plus spécialisées ; celles qui ont le plus de difficulté à s'adapter à cette hausse rapide de la température telles le pouillot siffleur, le gobemouche noir ou encore les mésanges nonnette et boréale.

" En effet, plus la diversité spécifique d'un milieu s'amenuise, plus l'ensemble de la biodiversité est fragilisée face aux bouleversements climatiques. Sa résilience à l'égard de ces agressions est fortement compromise, pouvant conduire, à terme à un véritable collapsus et à des extinctions massives ", alerte la Ligue pour la protection des oiseaux.

La Ligue pour la protection des oiseaux lance un SOS à Copenhague

La LPO appelle donc les dirigeants du monde entier à prendre " enfin, des mesures d'urgence pour enrayer ce qui serait une catastrophe écologique de premier plan, touchant non seulement les oiseaux, mais tout le Vivant. L'Homme compris. "

La LPO, présente au sommet de Copenhague, est représentée par les experts de Birdlife International, de France Nature Environnement et du Réseau Action Climat, trois regroupements d'ONG dont elle est membre active.