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Les "Prix Pinocchio du développement durable" 2011 ont été décernés !

Publié Le 18 Novembre 2011 à 11h48
 
Un producteur d'huile de palme, le constructeur d'un aéroport controversé et une banque investissant dans le nucléaire: les Amis de la Terre ont remis jeudi leurs prix "Pinocchio" visant à épingler les entreprises reines du " Greenwashing " ou de la destruction de l'environnement. Verdict.
La Société Générale, première de la catégorie "Mains sales, poches pleines."

Elles polluent. Elles détruisent. Elles mentent. Les Prix Pinocchio du développement durable 2011 ont épinglé 9 entreprises qui répondent à l'un de ces critères. Leur but est de combattre les faux arguments écologiques et d'inciter les entreprises à prendre davantage en compte la sauvegarde de l'environnement dans leur stratégie.

Parmi les entreprises de la catégorie "Une pour tous, tout pour moi", on peut citer Sime Darby, la filiale européenne du géant mondial malaisien de l'huile de palme. Loin de rougir des désastres causés par l'industrie de l'huile de palme, la firme souhaite ouvrir une usine dans le Sud de la France, à Port-la-Nouvelle (Aude) pour alimenter le marché européen en huile de palme. La région Languedoc-Roussillon, propriétaire du port, préfère accueillir cette entreprise au prétexte de créer quelques emplois alors qu'elle détruit le droit à vivre dignement de milliers de personnes au Libéria. Et, bien sûr, cette huile de palme sera certifiée " durable "... Un non sens pour ce genre de produit !

Dans la catégorie "Plus vert que vert", figure en tête la firme Vinci, qui envisage de construire un aéroport dans l'agglomération nantaise. Rejeté depuis 40 ans par les riverains et citoyens, le projet entrainerait le bétonnage de près de 2 000 hectares de terres agricoles fertiles et la destruction d'un bocage d'une qualité écologique exceptionnelle. Bien sûr, le projet étant l'un des chantiers prioritaires pour le géant français du BTP, il tente de justifier l'injustifiable. Dans son cahier des charges, il propose ainsi de créer un "observatoire agricole" qui aura pour mission l'élaboration " d'un document témoin sur l'histoire du site ". Comble du cynisme et de la récupération, Vinci propose de créer une AMAP, Association pour le maintien de l'agriculture paysanne pour " encourager l'agriculture durable en initiant la vente de paniers bio aux salariés de la plateforme ", cite Les Amis de la Terre. A croire, qu'on n'en fait jamais trop...

Enfin, dans la troisième catégorie intitulée "Mains sales, poches pleines", les Amis de la Terre ont à nouveau épinglé une célèbre banque française. Après le Crédit Agricole en 2010, il s'agit cette année de la Société Générale, qui se situe au 4ème rang mondial des banques finançant le secteur nucléaire. Elle serait coordinatrice du consortium de banques privées à l'origine d'un financement de 1,1 milliard d'euros pour la construction du réacteur nucléaire Angra 3 sur la côte de l'Etat de Rio de Janeiro au Brésil. Dénoncé par les ONG environnementales, ce projet mettrait en péril les habitants des deux villes les plus importantes du Brésil, Rio de Janeiro et Sao Paulo, par sa proximité. De plus, les constructeurs se baseraient sur un "modèle de réacteur dépassé des années 70" souligne les Amis de la Terre. Et ce projet n'est pas l'unique chef d'accusation pour la Société Générale, qui n'hésite pas à investir dans d'autres pays.

Un prix Pinocchio d'honneur a en outre été remis à Total "pour l'ensemble de son action", qu'il s'agisse de l'extraction de sables bitumineux au Canada, de pétrole au Nigeria qui fait tant parler actuellement, ou le permis d'exploitation de gaz de schiste que l'entreprise vient d'obtenir sur le territoire américain.

"Une fois de plus, les prix Pinocchio mettent l'accent sur les décalages entre les discours et la réalité, explique dans les colonnes du Monde Romain Perochon, chargé de campagne aux Amis de la Terre. "Grâce à des budgets en communication colossaux, ces entreprises bénéficient de retombées positives en termes d'image auprès de leurs actionnaires, de leurs clients et des citoyens, alors qu'elles ne s'engagent que sur des grands principes généraux peu opérationnels, et ne sont pas redevables de leurs actes en cas de non-respect de ces approches volontaires. Par ailleurs, elles font payer leurs dégâts aux populations les plus démunies, notamment celles du Sud."

Pour ceux qui souhaiteraient approfondir, voici la liste complète des "lauréats" :

Prix Pinocchio "Une pour tous, tout pour moi !"

N°1 Tereos nourrit nos voitures... et affame le Mozambique. avec 42% de votes
N°2 Avec Sime Darby, vous reprendrez bien un peu d'huile de palme? avec 35% de votes
N°3 Bluecar de Bolloré : un choix pas si " éthique " que ça ! avec 24% de votes

Prix Pinocchio "Plus vert que vert"

N°1 Vinci prend soin de nos agriculteurs... en construisant un aéroport sur leurs terres ! avec 43% de votes
N°2 Quand Veolia Eau navigue en eaux troubles avec 37% de votes
N°3 Avec l'Observatoire du Hors-Média, toujours plus de papier pour protéger votre environnement ! avec 20% de votes

Prix Pinocchio "Mains sales, poches pleines"

N°1 Quand la Société Générale finance les futurs Fukushima. avec 47% de votes
N°2 Perenco finance une exposition sur les Mayas à Paris... et les militaires au Guatemala. avec 27% de votes
N°3 Toreador, prends garde à toi ! avec 26% de votes

Et pour un descriptif plus complet de leurs écarts environnementaux, rendez-vous sur le site des Prix Pinocchio du développement durable.

Célia Garcin