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Lutte contre les insectes : quels produits naturels choisir ?

Publié Le 20 Juin 2011 à 14h02
 
Les moustiques et autres insectes indésirables peuvent non seulement gâcher nos soirées d'été, mais également répandre des infections qui peuvent être graves – on se souvient de l'épidémie de chikungunya. Des répulsifs et des insecticides " verts " existent pour les contrer.
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anti-moustique insecticide végétal de Verlina
anti-moustique insecticide végétal de Verlina

Il existe deux moyens de se " débarrasser " des insectes : soit en les repoussant grâce à des produits appelés répulsifs, soit en les tuant avec des insecticides. Les premiers agissent généralement en altérant les fonctions de repérage de l'insecte et donc en l'éloignant de sa cible potentielle.

Une réglementation en transition

Les répulsifs (ou insectifuges) et les insecticides relèvent de la législation sur les biocides (directive communautaire 98/8/CE). Les biocides (pour lesquels il existe 23 catégories d'application !) sont définis comme des produits " contenant une ou plusieurs substances actives ... destinées à détruire, repousser ou rendre inoffensifs les organismes nuisibles, à en prévenir l'action ou à les combattre de toute autre manière, par une action chimique ou biologique ".

Un vaste programme communautaire d'évaluation des substances actives a été initié le 14 mai 2000 pour une période de dix ans. Il a été prorogé de 4 ans jusqu'au 14 mai 2014 en raison du grand nombre de substances à examiner - la liste exhaustive des 396 substances concernées est notifiée dans le règlement 1451/2007/CE (il n'y a pas de différentiation entre les substances de synthèse et les substances d'origine naturelle). La réglementation est donc toujours en période transitoire.
A terme, seuls les produits biocides contenant des substances actives évaluées au niveau communautaire et inscrites dans la liste positive (Annexe I, IA, IB de la directive 98/8/CE) pourront être mis sur le marché.

Certaines molécules de synthèse mises en cause

Les substances chimiques utilisées sont certes efficaces, mais en contrepartie peuvent présenter des risques de toxicité. Le DEET, par exemple, ( N,N-diéthyl-3-méthylbenzamide ou N,N-diéthyl-m-toluamide), une des références en terme d'actifs anti-moustiques, avait été soupçonné en 2009 de présenter une activité neurotoxique sur une enzyme clé du système nerveux central des mammifères (travaux des chercheurs Vincent Corbel, de l'Institut de recherche pour le développement à Montpellier, et Bruno Lapied, de l'Université d'Angers). Le lien direct avec une potentielle toxicité sur l'homme n'a pas été fait, mais il existe des recommandations d'usage pour les enfants et les femmes enceintes.
A noter que suite à l'épidémie du chikungunya, le Conseil Supérieur d'Hygiène Publique de France avait évalué en 2008 que les produits à base de DEET pouvaient être utilisés chez les enfants dès l'âge de 2 mois (sauf antécédents de convulsion), et à condition de ne pas dépasser certaines concentrations (30%) et de respecter les conditions d'emploi.

Les difficultés de la filière bio/naturelle

Force est de constater qu'un certain nombre de fabricants français de produits naturels et/ou bio pour lesquels ce genre de produits ne représentent pas un coeur de métier se désengagent de ce secteur.
En effet, depuis la transposition en droit français de la directive européenne, les biocides doivent faire l'objet d'une demande d'autorisation de mise sur le marché (AMM). Ce qui est positif, car la réglementation vise à protéger le consommateur de composés trop nocifs (avec effet toxique, persistant et bio-accumulable). Mais cela implique, entre autres, de réaliser un dossier complet demandant souvent une batterie d'analyses relativement onéreuses. Ce que des laboratoires de taille modestes - ce qui est souvent le cas dans le domaine des produits naturels - ne peuvent se permettre.

Quels actifs d'origine naturelle ?

Parmi les produits d'origine végétale figurent essentiellement des molécules issues des plantes, qui elles aussi se défendent de leurs prédateurs et synthétisent des substances insectifuges ou insecticides en conséquence.
Les répulsifs s'appuient souvent sur un cocktail d'huiles essentielles. La citronnelle fait partie des plantes les plus connues ; son huile essentielle est utilisée depuis longtemps comme répulsif anti-moustique (mais avec une efficacité limitée dans le temps). Les extraits de lavande, eucalyptus, géranium sont aussi utilisés dans ce but.

Du côté des substances insecticides, on trouve :
- Les dérivés du pyrèthre. Les espèces du genre Chrysanthemum accumulent naturellement dans leurs capitules des pyréthrines (insecticides). Tanacetum cinerriifolium est la plus employée.
- Les extraits de margosa, le margosa étant un autre nom du neem. Le Neem est un arbre originaire de l'Inde, dont les graines constituent la principale source de composés à propriétés insecticides (dont l'azadirachtine).

Sur les rayons

- Le spray anti-moustiques d'Aries - société allemande spécialisée dans les solutions naturelles contre les insectes nuisibles depuis plus de 20 ans et distribuée en France par la société Bleu Vert - est un répulsif dont la formule a été optimisée. Protecteur contre les moustiques européens, il est également actif contre les moustiques responsables de la fièvre jaune, de la malaria ainsi que contre le moustique tigre (à l'origine du chikungunya, de l'encéphalite de Saint Louis et de la dengue). Il éloigne aussi les tiques (qui peuvent causer la maladie de Lyme). Son efficacité est fondée entre autres sur un extrait d'huile essentielle d'eucalyptus citronné. Le produit se vaporise sur la peau (à 10 cm). Il convient pour les enfants à partir de six mois (sauf cas d'allergie spécifique). La protection est supérieure à 8 heures. 9.90 € le spray 50 ml, 14.90 € les 100 ml dans les magasins bio et diététiques.

- Le spray Calmofitol à la citronnelle bio et à l'eau de feuilles d'eucalyptus se vaporise abondamment sur le corps (ne pas utiliser chez les enfants de moins de trois ans ni sur une peau irritée). 9 € le spray de 100 ml.

- L'anti-moustique insecticide végétal de Verlina (marque de produits naturels et bio pour les animaux, le jardin et la maison reconnue depuis 10 ans) se vaporise sur les endroits à protéger (nappes, vêtements...) ou dans l'air ambiant. Il présente un double effet : il repousse rapidement les moustiques, et éliminent rapidement ceux qui entrent en contact direct avec le produit ou la surface traitée. Les matières actives sont le pyrèthre et l'extrait de margosa. La formule est complétée d'huiles essentielles et d'extraits végétaux qui agissent en synergie. L'effet insecticide dure environ 72 heures, et l'effet insectifuge une semaine. A noter que ce produit est vendu en Nouvelle-Calédonie, à la Réunion, en Polynésie et au Cameroun. 11 € les 250 ml, en magasins bio et sur www.verlina.com

- Bambule Spray anti-insectes d'Aries agit efficacement contre les insectes volants et rampants, ainsi que sur les oeufs et les larves. Sans danger pour l'homme et les animaux domestique, il agit en inhibant les fonctions vitales des insectes. Sa formule renferme un extrait de neem, et une synergie d'huiles essentielles (lavandin, giroflier, citronnelle de Java). 6.90 € les 50 ml, 11.90 € les 200 ml en magasins bio et diététiques.
La présence d'huiles essentielles dans tous ces produits demande une vigilance accrue pour les enfants et les personnes présentant des risques d'allergie.

- Les bracelets anti-moustiques Para'Kito, à base d'huiles essentielles, fonctionnent en insérant une plaquette active - ils sont waterproof et rechargeables. La méthode d'imprégnation permet une diffusion lente des composants de la formule, ce qui assure une efficacité continue de 15 jours. Ce produit est adapté à toute la famille. Il peut se mettre sur le poignet, la cheville, ou s'accrocher sur un sac à dos ou une poussette.

Et quand il est trop tard...

Si vous avez été piqué, les huiles essentielles de Lavandula Officinalis et de Lavandula spica peuvent vous soulager - la dernière contenant du camphre donc contre-indiqué chez l'enfant de moins de 7 ans. A utiliser pure ou diluée de moitié dans de l'huile végétale.
La crème apaisante Bio Calmofitol soulage grâce à un extrait de camomille et à des huiles essentielles d'orange et de lavande bio. 9 € le tube de 40g.

Caroline Chavigny

Pour ceux qui veulent en savoir plus sur les biocides :
Site Europa dédié aux biocides http://ec.europa.eu/environment/biocides/index.htm
Site de l'agence national de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail www.anses.fr
Site de l'Institut national de l'environnement industriel et des risques www.ineris.fr