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Maïs MON 810 : le gouvernement s'y oppose, mais...

Publié Le 16 Janvier 2012 à 12h26
 
Fin novembre, le Conseil d'Etat avait fait trembler tous les anti-OGM, annulant la clause de sauvegarde prise par la France en 2008 pour interdire la culture du maïs transgénique MON810. Vendredi 13 janvier, le gouvernement a réaffirmé son opposition à la culture OGM, mais la loi reste silencieuse ...

Ainsi, pour les apiculteurs de la confédération paysanne, la décision du Conseil d'Etat a enclenché "le compte à rebours infernal" de la dissémination OGM : "en janvier, les OGM sont distribués dans les fermes pour être semés au printemps. En juillet les abeilles devront quitter tous les départements où fleurit le maïs, soit la quasi totalité du territoire français. Les apiculteurs feront faillite, les cultures et les plantes sauvages qui ont besoin d'être pollinisées par les abeilles ne se reproduiront plus. Le gouvernement ne doit pas se contenter de promulguer un moratoire qui risque d'être cassé en 15 jours."

Dans un communiqué les apiculteurs français exigeaient donc du gouvernement qu'il applique la loi française qui stipule que " les OGM ne peuvent être cultivés, commercialisés ou utilisés que dans le respect de l'environnement et de la santé publique, des structures agricoles, des écosystèmes locaux et des filières de production et commerciales qualifiées "sans OGM"".

Alors que les inquiétudes se multipliaient, à juste titre, sur la possible introduction de la culture OGM sur le territoire français, les représentants de la Confédération paysanne, de l'Union nationale des Apiculteurs Français et de la Fédération Française des Apiculteurs professionnels ont donc été reçus vendredi 13 janvier par les cabinets de Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre de l'Écologie et de Bruno Le Maire, ministre de l'Agriculture. Malgré la décision du Conseil d'Etat, le Gouvernement leur a réaffirmé être opposé à cette culture OGM. Selon le ministère "la culture du MON810 resterait donc interdite en France en 2012".

Mais à ce jour, aucun arrêté n'a été publié pour appuyer ces promesses. Peut-être parce que le gouvernement doit être particulièrement vigilent quant au droit européen, afin de ne pas essuyer une nouvelle annulation du Conseil d'Etat...

D'ici 2013, le scénario dépeint par les apiculteurs est mis entre parenthèse, mais ne relève  pas de la fiction...

Olivia Montero