Marée noire en Italie : le désastre écologique


Sommaire
1 - Un désastre écologique
2 - "C'est un vrai acte de terrorisme environnemental"
Publié Le 1 Mars 2010 à 13h07
 
"C'est un vrai acte de terrorisme environnemental"a déclaré le président de la province de Monza Dario Allevi, qualifiant de "gravissime" le comportement de la société dont le carburant a été déversé dans l'eau. D'autant plus que des employés du dépôt d'hydrocarbures auraient pendant des heures interdit aux techniciens de la protection civile d'y pénétrer pour tenter de stopper la fuite de pétrole.

"Nous devons faire le maximum pour prévenir et limiter les dommages à l'environnement, mais aussi les éventuelles retombées sur les activités économiques et touristiques dans le delta du Pô, sur la mer Adriatique, une zone unique pour sa beauté et ses délicats équilibres écologiques", a déclaré le responsable de la pêche en Vénétie, Isi Coppola.

Les autorités régionales ont interdit la pêche en raison d' "un grave empoisonnement des eaux superficielles" tandis que l'organisation agricole Confagri s'est inquiétée de la pollution de la nappe phréatique et des canaux d'irrigation.

" Un désastre écologique sans précédent "

C'est ce qu'estiment les collectivités locales et les associations de défense de l'environnement.

Le Fonds mondial pour la nature (WWF) a déclaré que "tout l'écosystème fluvial est en péril et qu'il faut se préoccuper du delta du Pô, une des zones marécageuses les plus importantes d'Italie et d'Europe pour la migration et l'hivernage des oiseaux aquatiques".

Des dizaines d'oiseaux, notamment des canards, englués de pétrole, ont été repêchés morts le long du Lambro. Sans oublier les milliers de poissons eux aussi piégés par le pétrole.

Toute la chaîne alimentaire va subir les conséquences de cette marée noire sur plusieurs années selon les experts.

"En plus des éléments qui flottent et peuvent être prélevés, il y a des parties qui se solidifient et qui vont aller se déposer au fond de l'eau et se sédimenter", précise Romano Pagnotta, directeur au Conseil national de la recherche.

Pour Legambiente, la principale association italienne de défense de l'environnement, cette catastrophe est un "désastre écologique sans précédent pour l'écosystème du Lambro, qui en payera les conséquences pendant longtemps".

Dans un communiqué, elle déplore "la grave sous-évaluation de la catastrophe, les omissions des politiques et l'incroyable retard des interventions" sur le fleuve, considéré comme le plus pollué d'Italie. " Les responsabilités de la catastrophe devront être connues et punies".

Ainsi, même si la situation est aujourd'hui soit disant sous contrôle, les répercussions environnementales de cette marée noire seront très graves et s'étaleront sur plusieurs années.

Emilie Villeneuve