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Nous sommes tous contaminés par des perturbateurs endocriniens 

Publié Le 24 Février 2017 à 11h44
 
Une étude réalisée par Générations Futures vient de révéler la présence de perturbateurs endocriniens (PE) dans les cheveux de sept personnalités du monde de l'écologie: Yann Arthus-Bertrand, Isabelle Autissier, Delphine Batho, José Bové, Nicolas Hulot, Yannick Jadot et Marie-Monique Robin. Une conclusion semble s'imposer : nous avons très probablement tous des PE, et notamment des résidus de pesticides, dans notre organisme.

 

Nos cheveux ont pour particularité de concentrer les substances chimiques que nous absorbons. Dans le cadre de ses enquêtes EXPPERT portant sur l'exposition des populations aux perturbateurs endocriniens (PE), suspectés ou avérés, l'Association Générations Futures a donc fait analyser une mèche de cheveux de 7 personnalités du domaine de l'écologie : Yann Arthus-Bertrand, Isabelle Autissier, Delphine Batho, José Bové, Nicolas Hulot, Yannick Jadot et Marie-Monique Robin.

Environ 200 perturbateurs endocriniens ont été recherchés, à savoir environ 150 pesticides et métabolites de pesticides (produits utilisés en agriculture et dans la maison pour se débarrasser de la faune ou la flore " nuisibles " ou " indésirables "), 3 bisphénols (plastifiant connu pour entrer dans la composition du polycarbonate - plastique dure), 13 phtalates et métabolites de phtalates (plastifiants des matières plastiques pour les rendre souples) et 32 PCBs (massivement utilisés dans les transformateurs électriques ou comme fluide caloporteur par exemple. Interdits de fabrication depuis 1987).

Le résultat de l'étude confirme malheureusement nos craintes : chacune des familles de produits analysés ont été retrouvées dans le corps des sept personnalités... 36 substances ont été identifiées chez Delphine Batho, la moins contaminée et 68 chez Isabelle Autissier la plus contaminée.

Des bisphénols, des phtalates, des PCBs

Concernant les bisphénols, toutes les personnalités testées avaient au moins un des trois bisphénols recherchés dans leurs cheveux. 3 personnes sur 7 avaient du Bisphénol A (M-M. Robin, Y. Arthus-Bertrand et I. Autissier). Toutes les 7 avaient du Bisphénol S et aucune du Bisphénol F.

Concernant les phtalates : 11 des 13 phtalates ou métabolites de phtalates recherchés ont été retrouvés au moins chez une personne. Le nombre de phtalates et métabolites de phtalates retrouvés allaient de 8 à 11 selon les personnes. Entre 6 et 10 de ces molécules ont pu être quantifiées selon les personnes.

Quant aux PCBs : Tous les échantillons qui ont pu être analysés en contenaient. Entre 14 et 30 PCBs ont été retrouvés.

Enfin 32 molécules de pesticides suspectées d'être des perturbateurs endocriniens ou des métabolites de PE ont été retrouvées chez au moins une personne. Entre 9 et 25 de ces pesticides ont été retrouvés dans chaque échantillon de cheveux.

Un cocktail de pesticides dans nos corps

Tous les organismes des personnalités testées renferment ainsi un cocktail important de nombreux perturbateurs endocriniens (de 36 à 68 par personne) bien que seulement 4 familles de substances chimiques aient été recherchées. " Et ces cocktails posent la question de l'impact sur la santé de ce mélange. " déclare François Veillerette, porte-parole de Générations Futures.

Ce qu'ils en pensent

Yann Arthus-Bertrand, photographe, réalisateur, chez qui 50 perturbateurs endocriniens ont été trouvés dont 22 quantifiés, s'indigne " des excès et des dérives de la société. "

Isabelle Autissier navigatrice, Présidente du WWF-France, chez qui 68 PE ont été trouvés dont 50 quantifiés, estime que " Les résultats de cette analyse sont assez terrifiants ". Et que " Ce test met en lumière la contamination de tout notre environnement, air, eau, nourriture, produits de beauté ou nettoyants pas ces substances dont nous savons qu'elles sont toxiques, même à faible dose ". Alors elle essaye de surveiller son alimentation pour éviter les produits traités ou préparés et favoriser le bio. Et elle pense à tous mes ami.e.s qui ont de jeunes enfants pour qui l'avenir est peut-être en train de s'hypothéquer.

Delphine Batho , Députée, ex-ministre de l'Ecologie, est la moins intoxiquée , mais 36 PE  dont 8 quantifiés ont quand même été retrouvés dans ses cheveux. " Personne n'échappe à la contamination généralisée par les pesticides et les perturbateurs endocriniens déplore-t-elle. C'est un scandale sanitaire qui concerne tout le monde, en particulier les femmes et les enfants. Le silence du Ministère de la Santé est assourdissant. Il est grand temps d'interdire ces substances et de faire preuve d'un peu de courage. La démocratie doit être plus forte que les lobbies de l'agrochimie. "

Quant à Nicolas Hulot, chez qui 51 PE ont été trouvés dont 23 quantifiés, il estime que: " Ces analyses nous montrent la prégnance de ces substances dans notre quotidien et leur rémanence dans nos corps. Chaque jour compte pour lutter contre les perturbateurs endocriniens et désintoxiquer notre société car nous sommes tous potentiellement des victimes qui s'ignorent. Le XXe siècle a été le siècle de l'hygiène bactériologique, le XXI è doit devenir le siècle de l'hygiène chimique. Encore faut-il que les politiques inscrivent le sujet santé et environnement comme une priorité. "

Enfin, Marie-Monique Robin, journaliste, réalisatrice, écrivaine, chez laquelle 50 PE ont été identifiés, dont 29 quantifiés, n'est pas étonnée du résultat :" J'ai 50 perturbateurs endocriniens dans mon organisme ! Je m'y attendais, mais il n'empêche que je suis choquée... Depuis plusieurs années, j'ai pourtant fait le ménage autour de moi: plus de poêle Tefal, plus de récipients en plastique, plus de cosmétiques et de détergents non bio, plus de gros poissons dans mon assiette etc. Et je mange bio à 80%! J'ai une pensée indignée pour toutes les femmes enceintes qui doivent être autant polluées que moi et qui ne savent pas que c'est très dangereux pour leur bébé à naître. À quand une vraie campagne d'information ? "

La Commission Européenne doit interdire ces substances

Pour François Veillerette, porte-parole de Générations Futures, ce rapport pointe plus que jamais la nécessité de retirer de notre environnement les perturbateurs endocriniens. Et il estime que seule une définition réellement protectrice des perturbateurs endocriniens devant être exclus du marché dans le cadre européen sera à même d'assurer la protection des populations des PE dangereux.

La Commission Européenne propose une liste de critères. Mais dans sa forme actuelle cette proposition n'est pas acceptable. C'est pourquoi Générations Futures " demande instamment à tous les gouvernements nationaux de la rejeter lors du vote prévu le 28 février dans le cadre du Standing Committee on Plants, Animals, Food and Feed (SCOPAFF) ". L'association insiste sur des changements majeurs qui doivent être apportés concernant ces critères afin que les PE avérés, probables ou présumés auxquels nous sommes exposés soient identifiés comme tels et donc interdits d'utilisation pour protéger notre santé. L'association demande notamment que la Commission européenne assouplisse le niveau de preuve extraordinairement élevé actuellement proposé et qu'elle supprime la dérogation à l'interdiction pour les pesticides ayant un mode d'action PE.

Hervé de Malières

Téléchargez le rapport complet: EXPPERT 9 le rapport complet