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Pesticides : faut-il avoir peur des fruits et légumes ?


Sommaire
1 - Pesticides : certains fruits et légumes en contiennent plus que d'autres
2 - Lavage ou épluchage : comment réduire les risques pour la santé ?
Publié Le 22 Septembre 2011 à 12h23
 
Encore trop utilisés en France, les pesticides présentent non seulement des risques pour notre santé, mais aussi un impact irréversible sur la terre et la biodiversité. Fraises, poivrons ou encore laitues en contiennent de fortes doses. Leur consommation est-elle dangereuse pour la santé ? Lavage, épluchage, ou choix des produits bio, quelle est la meilleure alternative ?

Selon l'épaisseur de la peau, la texture de la chair, et les interractions des molécules entre-elles, les fruits et légumes sont différemment impactés par les pesticides. Généralement, les études révèlent que le céleri, le poivron ou encore les pêches figurent parmi les aliments les plus pollués.

Voici 2 listes issus de l'étude sur la contenance en résidus de pesticides de 47 fruits et légumes de l'Environmental Working Group (EWG), une ONG environnementale basée à Washington.

Les 12 fruits et légumes les PLUS POLLUES  :

- les pêches
- les pommes
- les poivrons
- le céleri 
- les nectarines 
- les fraises
- les cerises
- le chou frisé
- la laitue
- les raisins
- les carottes
- les poires

Les 15 fruits et légumes les MOINS CONTAMINES :

- les oignons
-les avocats
- le maïs doux
- l'ananas
- les mangues
- les asperges
- les petits pois
- les kiwis
- les choux
- les aubergines
- les papayes
- la pastèque
- les brocolis
- les tomates
- les patates douces


Cette étude basée sur 87 000 tests a été réalisée entre 2000 et 2007. Les conclusions montrent qu' une personne qui consomme quotidiennement les 12 fruits et légumes parmi les plus contaminés ingurgiteraient en moyenne 10 pesticides par jour ! Au contraire, manger les 15 fruits et légumes les moins contaminés expose une personne à moins de 2 pesticides par jour en moyenne. Ce qui est déjà difficilement acceptable.

Les pesticides pénètrent dans l'organisme

En mars 2011, l'Institut National de Veille Sanitaire (INVS) a publié une étude inquiétante sur la contamination chimique des Français, dont le sang, les urines et les cheveux regorgent. Concrètement, 90% de la population est contaminée par les pesticides de type organophosphorés. Les niveaux des pesticides organochlorés (comprenant par exemple le DDT ou le lindane) sont " globalement faibles ", la principale raison étant que leur utilisation est aujourd'hui très limitée.

Or, une grande variété de pesticides a été reconnue par la communauté scientifique comme ayant des effets toxiques sur l'homme, entraînant des perturbations du système nerveux, des effets cancérigènes, des effets sur le système hormonal ou encore des irritations de la peau, des yeux et des poumons. Toutefois, selon l'Observatoire des résidus de pesticides, mission gouvernementale dirigée par l'Afsset (agence nationale de sécurité sanitaire), le grand nombre de produits et les divers facteurs des pathologies suspectées d'être liées aux résidus de pesticides, comme certains cancers, compliquent l'établissement d'un lien entre les maladies évoquées et les pesticides.

Une étude de l'agence européenne pour la sécurité alimentaire (EFSA) publiée en 2010 a identifié des résidus de 365 pesticides différents dans les fruits et légumes consommés en Europe, et 76 dans les céréales.
Selon le rapport de l'EFSA, 3,5% des échantillons présentaient des traces de pesticides dépassant les limites maximales en résidus (LMR) autorisées. Il révèle également que la présence de pesticides est supérieure dans les produits importés de pays situés en dehors de l'Union européenne (7,6%) que dans les échantillons cultivés en UE (2,4%).

Cependant, l'EFSA juge bon de préciser que la présence de pesticides dans les aliments, voire le dépassement des limites autorisées, ne doit pas inquiéter outre mesure, évoquant un "risque potentiel" et de "rares cas" de contamination dangereuse pour la santé. Pour l'EFSA, seule une consommation en grande quantité des produits présentant les niveaux de pesticides les plus élevés peut présenter un danger.

Ces conseils restent très vagues et de nombreuses inconnues demeurent. Si une dose admissible journalière (DJA) est établie pour chaque pesticide, qu'en est-il de " l'effet cocktail " dénoncé par de nombreux scientifiques ? A ce jour on igore ce que produisent ensemble ces combinaisons sur nos tissus. Voici ce que le professeur De Jonc-kheere de l'université de Gand écrit dans une étude : " Les valeurs de DJA ne sont pas des données exactes, mais des estimations basées sur les données toxicologiques expérimentales d'un pesticide. Cette approche ne prend pas en compte la possibilité d'effets synergiques lorsque l'exposition se fait simultanément à deux ou davantage de pesticides."


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