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Pesticides : les Français sont massivement opposés à la ré-homologation du Glyphosate

Publié Le 2 Mai 2016 à 18h18
 
Alors que la Commission européenne veut réautoriser le glyphosate pour 10 ans, l'association Générations Futures a décidé de porter plainte pour mise en danger de la vie d'autrui. Elle est soutenue par 69% des Français qui sont opposés à la ré-homologation de ce redoutable pesticide pour la santé et l'environnement.
Pesticides : Générations Futures révèle dans un sondage exclusif que 69% des français sont opposés à la ré-homologation du Glyphosate

 

La mauvaise nouvelle a été révélée fin avril par le journal "Le Monde" : la Commission européenne devrait proposer une réautorisation du glyphosate pour 10 ans ! C'est en tout cas le sens d'un projet de règlement d'exécution dont "Le Monde" a obtenu copie* et qui sera soumis au vote des Etats-membres les 18 et 19 mai prochains.

Le glyphosate est un redoutable pesticide pour la santé et l'environnement. Il entre notamment dans la composition du Roundup de Monsanto et est considéré par le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC) rattaché à l'OMS, comme cancérigène. Il est cependant très largement utilisé en France, par les professionnels, mais aussi par les jardiniers amateurs.

L'homologation du glyphosate arrive à son terme le 30 juin. Sa réautorisation est au centre d'une vive polémique. Plus de 130 000 citoyens ont déjà signé la pétition lancée par les ONG Foodwatch, Générations Futures et La Ligue contre le cancer pour faire interdire ce produit extrêmement toxique pour l'environnement et la santé.

L'ONG Générations Futures a vivement réagi dans un communique : "Alors que nous regrettions déjà, mi-avril, le vote des parlementaires européens en faveur d'une ré homologation du glyphosate (certes pour 7 ans et avec des restrictions d'usage), nous sommes scandalisés de lire cette proposition".

"Il faut en effet rappeler que le glyphosate a été clairement classé comme un pesticide probablement cancérogène pour l'homme par le Centre international de recherche sur le Cancer de l'OMS (Organisation Mondiale de la Santé)" explique François Veillerette, porte-parole de Générations Futures. " Le texte voté par le Parlement européen reconnaissait le manque de données du dossier accepté par la Commission européenne, notamment en ce qui concerne les effets de perturbation endocrinienne ou les résidus alimentaires de glyphosate. La Commission semble vouloir balayer d'un revers de main ces données sanitaires. Nous demandons fermement au Gouvernement français de continuer à afficher son volontarisme sur ce dossier en s'engageant clairement à ne pas voter pour la ré-homologation du glyphosate en Europe les 18 et 19 mai prochains. Il ne doit pas céder aux sirènes des lobbies, surtout lorsque la santé de ses concitoyens est en jeu. " ajoute t'il.

Générations Futures a décidé de porter plainte devant la justice française avec l'aide de son avocat Maître Lafforgue pour mise en danger de la vie d'autrui et tromperie aggravée.

"L'agence sanitaire de l'Etat membre rapporteur, l'EFSA et la Glyphosate Task Force (commanditée par Monsanto) ont mis en oeuvre de nombreux moyens pour nier le caractère cancérogène du glyphosate" explique François Veillerette. "Cette situation est totalement inacceptable car elle pourrait conduire à une ré-autorisation du glyphosate en Europe pour de nombreuses années, alors que cette substance est reconnue par le CIRC probablement cancérogène pour l'Homme et ne devrait donc pas être autorisée. Considérant que les moyens mis en oeuvre par l'Etat Membre, l'EFSA et le GTF peuvent conduire à prolonger l'exposition des populations à cette substance cancérogène pour de nombreuses années, nous décidons de porter plainte avant que ne tombe la décision de ré-homologation ou non du glyphosate des 18 et 19 mai prochains".

En France, la position reste peu claire. Entre la ministre de l'Environnement Ségolène Royal affirmant haut et fort - notamment lors de la conférence environnementales des 25 et 26 avril - le refus de la France de soutenir cette ré-autorisation et la position, lors de ce même événement, bien plus ambiguë du 1er Ministre Manuel Valls déclarant que " dans les conditions actuelles, la France ne soutiendrait pas la ré-autorisation " sans exclure fermement l'hypothèse de la ré-homologation, rien ne semble clairement tranché...

Ce qui est sûr, c'est que, comme le révèle le sondage exclusif de l'IFOP commandé par Générations Futures et dévoilé le 2 mai, 69% des Français sont opposées au renouvellement de cette autorisation !

Cette majorité écrasante en défaveur de cette homologation doit être entendue par le Gouvernement français qui doit peser de tout son poids à Bruxelles pour que le Glyphosate ne soit pas ré-autorisé.

Stella Giani

* lire l'article du journal Le Monde publié le 22 avril 2016 : Pesticides : Bruxelles va proposer une réautorisation du Roundup pour dix ans