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Pollution de l'air intérieur : il est temps d'agir

Publié Le 2 Septembre 2009 à 11h53
 
A l'occasion d'un nouveau test révélant la nocivité de certains revêtements de sol, l'UFC-Que Choisir demande dans un communiqué du 25 août dernier, la mise en oeuvre immédiate des mesures votées dans la loi sur le Grenelle de l'environnement, et formule de nouvelles propositions pour le Grenelle 2.

La dernière enquête de l'association montre que sur les huit moquettes encollées testées, cinq restituent du formaldéhyde, du toluène et des éthers de glycol. Le maximum d'émission de composés organiques volatils (COV) relevé à 28 jours est de 3200 µg/m3, soit une valeur très supérieure au seuil de confort de 200 µg/m3.
Les moquettes encollées rejoignent la liste des produits testés par l'UFC-Que Choisir (désodorisants d'intérieur, nettoyants ménagers, tapis, meubles, vitrificateurs, etc.) dont les émissions trop importantes de certains composés organiques volatils induisent une nocivité démontrée.

(Lire l'interview d'une "eco-designer " )

" Pourtant, les pouvoirs publics, comme les professionnels, ont fait bien peu pour réduire cette pollution. Le champ d'application de la nouvelle règlementation européenne sur les substances chimiques (REACH) ne concerne qu'une substance chimique sur trois, sa mise en oeuvre s'étalera sur dix ans et les autorités européennes ne peuvent pas obliger la substitution de substances dangereuses.
Les sénateurs ont pour leur part positivement amendé le projet de loi d'orientation " Grenelle 1 " en prenant des mesures d'interdiction ou d'étiquetage pour les matériaux de construction et de décoration. Mais la plupart des produits de grande consommation ne sont pas encore concernés ", souligne l'UFC Que-Choisir dans un communiqué.

Nous passons 70 à 90 % de notre temps dans nos habitations, nos bureaux, à l'école, dans les transports où plus de 100.000 substances chimiques s'y trouvent. Certaines contribuent à la formation de cancers, de problèmes de reproduction et d'allergie. Située principalement dans l'espace domestique, cette pollution affecte d'abord les personnes les plus fragiles (enfants, femmes enceintes, personnes âgées).
C'est pourquoi l'UFC-Que Choisir interpelle le ministère de l'Environnement pour que la dynamique engagée par les parlementaires soit enrichie à l'occasion du Grenelle 2 par les mesures suivantes :

- L'interdiction dans les produits de consommation, de décoration et de construction, de toutes les substances reconnues comme dangereuses.
- La réalisation obligatoire de tests d'émission par les professionnels.
- Un étiquetage sur la composition et les substances émises par les produits, afin de permettre aux consommateurs de sélectionner les produits les moins nocifs.
- L'incitation à installer des systèmes de ventilation à double flux dans tous les logements par des aides financières - crédit d'impôt et prêt à taux zéro - pour les logements anciens.


L'Académie de médecine a préconisé dans le rapport " Air extérieur, air intérieur et santé " de juillet dernier,  " que soient édictées des valeurs guides plus globales qui hiérarchisent les risques par source d'émission avec un éventuel facteur de sécurité commun ". En effet, les pathologies qui pourraient résulter de ces expositions sont multiples : irritatives, immunotoxiques, neurotoxiques, cancérogènes et reprotoxiques.

" Il paraît ainsi souhaitable que soient édictées des valeurs guides plus globales qui hiérarchisent les risques par source d'émission avec un éventuel facteur de sécurité commun, plutôt qu'au cas par cas pour les milliers de polluants mis en évidence notamment par chromatographie en phase gazeuse et identifiables en spectrographie de masse. "

Actuellement, L'AFSSET, l'Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement et du travail, travaille sur ces valeurs guides.

 

Recommandations de l'Academie National de Médecine concernant la pollution de l'air intérieur :

1- Développer les recherches épidémiologiques et toxicologiques pour mieux identifier, classer et hiérarchiser les polluants de l'air intérieur (expologie), leurs modalités d'action et leurs impacts sur la santé.
2- Sensibiliser l'opinion publique à l'exposition aux polluants de l'air intérieur et à leur impact potentiel sur la santé des jeunes enfants.
3- Renforcer les actions de prévention dans ce domaine au profit des enfants en bas âge en vue de diminuer l'impact.
4- Eviter dans l'habitat ou les autres milieux intérieurs de vie, tout confinement susceptible de renforcer la pollution de l'air intérieur. Rappeler les mesures indispensables pour améliorer la qualité de l'air intérieur.
5- Résoudre les conflits d'intérêts entre économies d'énergie et nécessaire aération des locaux.
6- Elaborer un indice indicatif global de la qualité de l'air intérieur.
7- Contrôler et caractériser l'air de l'habitacle des véhicules automobiles.