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Pollution marine : quelles actions mener aujourd'hui et demain ?

 
Annoncé le 27 février 2009, par Jean-Louis Borloo , ministre d'Etat, ministre de l'Ecologie, le Grenelle de la Mer contribue à la définition de la stratégie nationale pour la mer et le littoral, en identifiant des objectifs et des actions à court, moyen et long termes.
Les trois tables rondes finales du Grenelle de la Mer se sont conclues les 10 et 15 juillet dernier. Ces deux journées ont permis d'entériner une série de mesures en faveur des énergies marines, de la biodiversité et de la pêche durable ou encore de la gouvernance.

Des projets pour éviter le pire

Concernant la réduction des pollutions marines , le Grenelle de la Mer s'engage à:

-proposer un objectif mondial de réduction des gaz à effet de serre du transport maritime.
-faire inscrire la Méditerranée comme zone de contrôle des émissions de souffre des navires, en tenant compte du cabotage. La mer Méditerranée représente 0,7 % de la surface des mers, mais Greenpeace estime que 100 000 à 150 000 tonnes de pétrole brut y sont déversées chaque année du fait des activités de transport maritime. La Méditerranée reçoit ainsi 17% des rejets d'hydrocarbures déversés dans les océans du globe (en l'absence même de marées noires).
-lutter contre les dégazages, le marquage des hydrocarbures, notamment par ADN, sera testé par le CEDRE (Centre de Documentation, de Recherche et d'Expérimentations sur les pollutions accidentelles des eaux) cette année pour obtenir des résultats en janvier 2010.
-prendre une initiative européenne contre l'exportation des navires hors normes vers les pays du sud.


" Le bilan est plutôt positif. Les propositions portées par les ONG ont été écoutées malgré le lobbying de la part des armateurs. On est content de la prise de conscience de la part du gouvernement. Certains résultats sont ambitieux mais il faut quand même rester vigilant : on attend de voir quelles seront les traductions législatives, financières, de ces mesures prises par le Grenelle. Il faut que le travail suive pour éviter que cela ne se transforme en simple effet d'annonce. La pression est très forte", livre François Chartier, chargé de campagne Océans à Greenpeace, qui rappelle que la pêche intensive est une des pollutions marines.

"Nous donnons en ce moment la priorité à la sauvegarde du thon rouge , dont l'inscription à la Convention pour le commerce international des espèces menacées (CITES) est largement soutenue. D'autant plus que nous comptons sur les Assises de la pêche auront lieu dès la rentrée. Nous travaillons aussi sur la filière de la grande distribution pour que les supermarchés pratiquent une politique d'achat durable ".

"Nous nous rendons dès le 3 août dans les Bouches de Bonifacio avec le Rainbow II car 3 000 navires par an traversent ce bras de mer dont 10 % sont chargés de matières dangereuses. Nous demandons l'interdiction du transit de toute matière dangereuse dans les Bouches de Bonifacio ".


Les Assises de la Pêche se tiendront en articulation avec le Grenelle de la Mer et dans le cadre d'une gouvernance à cinq, permettant ainsi de poursuivre une concertation active. Le Grenelle de la mer a d'ailleurs décidé de passer à une gestion durable de la pêche.
Il s'est engagé notamment à renforcer la protection du sanctuaire PELAGOS pour les mammifères marins et à mettre fin à la pêche au requin taupe par le non renouvellement des licences de pêche et une réflexion sur l'accompagnement des pêcheurs.

20 % des eaux françaises devront être en Aires Marines protégées d'ici à 2020

La France, qui est le deuxième domaine maritime international, pourrait devenir le leader mondial en termes de protection de la biodiversité et de gestion des pêches si ces objectifs sont mis en oeuvre.

Les associations signataires du Grenelle seront particulièrement attentives à la mise en oeuvre d'une aquaculture durable. Elle devra reposer sur la production de poissons carnivores et la pêche minotière, sur la protection des écosystèmes de grands fonds (la France continue à détruire des écosystèmes vulnérables malgré la résolution onusienne qui l'interdit effectivement depuis le 31 décembre 2008), sur la maîtrise des pollutions d'origine terrestre, sur le traitement des déchets portuaires et sur la réduction des macrodéchets.