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Pollution marine : quelles actions mener aujourd'hui et demain ?


Sommaire
1 - Pollution marine : quelles actions mener aujourd'hui et demain ?
2 - Un Grenelle de la Mer " à la hauteur des enjeux "
3 - Le PNUE interpelle sur le problème mondial de la croissance des déchets marins
4 - Des législations qui tentent de réduire cette pollution des océans
Publié Le 6 Août 2009 à 11h06
 
Le Programme des Nations Unies pour l'Environnement et Ocean Conservancy révèlent dans un rapport de juin dernier, intitulé " Déchets marins : un défi mondial ", que les principales sources de pollution marine sont des équipements de pêche, des sacs en plastique et des mégots de cigarette, dans les 12 principales mers régionales dans le monde entier.

Les conclusions du rapport indiquent que des quantités alarmantes de déchets jetés à la mer continuent de menacer la sécurité des personnes et leur santé, à piéger la faune, à endommager les équipements nautiques et à abîmer les zones côtières dans le monde entier. Et cela, en dépit des efforts de plusieurs organisations internationales, régionales et nationales visant à contrer la pollution marine.

" Ce rapport est un rappel que la négligence et l'indifférence se révèlent mortelles pour nos océans et ses habitants, explique Philippe Cousteau, chef de la direction de EarthEcho International Ocean Conservancy et membre du conseil d'administration. Au-delà des faits et des chiffres, le moment est venu d'agir. Il y a des comportements que chacun, partout dans le monde, peut adopter pour faire un changement positif ".


Les plastiques et les cigarettes en tête du " Top Ten " des débris marins


Les plastiques, notamment les sacs plastique et les bouteilles en PET, représentent plus de 80 % de tous les déchets collectés dans plusieurs mers régionales lors de l'évaluation.
Les débris de ces matières s'accumulent dans les environnements terrestres et marins pour se décomposer lentement en petites pièces qui peuvent être consommés par les êtres vivants à la base de la chaîne alimentaire. Ces plastiques ont des composés toxiques qui peuvent ensuite entrer dans le corps des organismes qui se nourrissent de la matière plastique.
La production mondiale de plastique est maintenant estimée à 225 millions de tonnes par an.

Les plastiques peuvent être confondus avec les aliments par de nombreux animaux, y compris les mammifères marins, les oiseaux, les poissons et les tortues. " Les tortues de mer, en particulier, peuvent confondre les sacs de plastique flottants avec des méduses, l'un de leurs plats préférés ", indique le rapport.

Regardez la plage où vous allez cet été, que voyez-vous en premier ? Les cigarettes. Les filtres à cigarettes, les paquets de cigarettes et les modes d'emploi pour les cigares représentent 40 % de tous les déchets marins dans la Méditerranée, tandis qu'en Équateur, des déchets liés au tabac représentent plus de la moitié du total des déchets côtiers " capturés " en 2005 !


Les deux côtés du tourisme


Le secteur du tourisme et des loisirs a un impact significatif sur l'état des mers et des littoraux dans le monde. Dans certaines régions touristiques de la Méditerranée, plus de 75 % de la production annuelle de déchets sont générés au cours de la saison estivale. En Jordanie, les activités de loisirs représentent 67 % des déchets, tandis que les activités portuaires et maritimes constituent environ 30 % des déchets. L'industrie de la pêche représente 3% seulement.

" S'il est bien géré, le tourisme peut contribuer au maintien de l'aspect immaculé des plages et des eaux, comme l'ont démontré les Seychelles et l'Ile Maurice. Bien que ces deux destinations soient très prisées par les touristes, ces deux pays jettent très peu des déchets dans l'océan Indien ", note le rapport.

Toutefois, les vents et les courants océaniques peuvent transporter les déchets marins indésirables loin de leur point d'origine. Par exemple, les Seychelles ont fait état d'une accumulation de déchets sur la côte orientale de l'île de Mahé au sud pendant la mousson, alors que les articles jetés sur la côte ouest de l'Australie ont été récupérés sur la côte Est de l'Afrique du Sud.


De la source à la mer

En Australie, les enquêtes à proximité des villes indiquent que jusqu'à 80 % des déchets marins proviennent de sources terrestres. Les sources marines sont dans le peloton de tête dans les régions plus éloignées.

Le problème des déchets marins est susceptible d'être particulièrement grave dans les mers d'Asie orientale, région abritant 1,8 milliards de personnes et ou 60 % des personnes vivent dans des zones côtières. Ces zones connaissent la croissance simultanée de deux activités: le traffic maritime et le développement industriel et urbain.

L'économie basée sur le pétrole et le boom dans la construction sur les zones côtières de la mer Caspienne, ont fait des déchets marins une nouvelle préoccupation dans les États du littoral, en particulier l'Iran et l'Azerbaïdjan.

En Asie du Sud, l'industrie grandissante de la démolition navale est devenue une source importante de débris marins et de pollution par les métaux lourds dans les zones côtières adjacentes.

Le sud-est du Pacifique a des ports et un fort trafic maritime. Dans les cinq pays riverains, des déchets d'origine marine ont été signalés, mais il y a très peu d'informations concernant l'origine et le volume de ces déchets. Selon une estimation, une flotte de pêche colombienne génère environ 273 tonnes de déchets marins chaque année.

Le manque d'installations de gestion des déchets solides facilite l'entrée de déchets dangereux dans les eaux de l'océan Indien occidental, dans les mers d'Asie du Sud et dans sud de la mer Noire entre autres.