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Pollution marine : quelles actions mener aujourd'hui et demain ?

 
Une des plus grandes initiatives internationales est la Convention internationale pour la prévention de la pollution par les navires (MARPOL) adoptée le 2 novembre 1973. Elle porte sur la pollution par les hydrocarbures, les produits chimiques, les substances nuisibles transportées en colis, les eaux usées et les ordures. L'Annexe V de la convention MARPOL a été introduite en 1988 dans le but d'interdire le rejet en mer de la plupart des déchets et de tous les matériaux plastiques par les navires. 122 pays ont ratifié ce traité.

De 1981 à 1989, les déversements en mer d'hydrocarbures dus aux navires sont passés de 1,47 millions de tonnes à 570 000 tonnes, ne représentant plus que 12 % des rejets en mer, dont la majeure partie provient de la Terre.

" Il apparaît que la mise en oeuvre de la MARPOL a réduit le problème des débris marins mais d'autres recherches montrent qu'elle n'a pas eu l'impact attendu. 80% des débris marins proviennent d'activités terrestres alors même si le monde entier se conformait à la Convention MARPOL, ces sources demeureraient ", souligne Greenpeace dans son rapport " Débris plastiques et pollution des océans ".

Suite aux naufrages de l'Erika en 1999, du Prestige en 2002, des mesures renforçant davantage la sécurité maritime et la lutte contre les pollutions marines ont été adoptées. Elles ont permis également de faire évoluer des textes préexistants qui, pour certains, n'étaient pas encore mis en oeuvre, notamment au niveau international.

Pour une meilleure prévention des accidents maritimes

L'Organisation maritime internationale (OMI) a été créée par une convention internationale, adoptée en mars 1948 et entrée en vigueur 10 ans plus tard en mars 1958. Elle est rattachée à l'Organisation des nations unies (ONU) " en tant qu'institution spécialisée dans le domaine de la navigation maritime et de ses effets sur le milieu marin ". 167 États membres en font partis tandis que 57 organisations non gouvernementales (ONG) ont un statut consultatif auprès de cette organisation.
Les plus importantes conventions de l'OMI concernent la sauvegarde de la vie humaine en mer (SOLAS), la convention pour la prévention de la pollution par les navires (MARPOL).
Dans le cadre de la sécurité maritime, l'Union Européenne a adopté deux paquets (Erika I et Erika II) législatifs importants en matière de sécurité maritime qui ont mis en place l'inspection des navires dans les ports, interdit l'utilisation des navires à simple coque pour le transport de pétrole et créé l'Agence européenne de sécurité maritime (EMSA).
Le paquet "Erika III " qui vise notamment à protéger les côtes européennes des catastrophes maritimes, a été adopté par le Parlement au mois de mars dernier.

Stratégie pour le milieu marin

La directive du Parlement Européen et du Conseil du 17 juin 2008 établit un cadre d'action communautaire dans le domaine de la politique pour le milieu marin. Elle fixe aussi des objectifs communs pour la protection et la conservation de l'environnement marin d'ici à 2020. Afin d'atteindre ces objectifs communs, les États membres devront évaluer les besoins dans les zones marines qui sont de leur ressort. Ils devront ensuite élaborer et mettre en oeuvre des plans de gestion cohérents dans chaque région (la mer Baltique, l'Atlantique du Nord-Est, la mer Méditerranée et la mer Noire), puis en assurer le suivi.
Ces stratégies visent à assurer la protection et la restauration des écosystèmes marins européens, et à assurer la viabilité écologique des activités économiques liées au milieu marin.

 

Malgré les initiatives au niveau mondial, international et national qui visent à protéger les océans contre la pollution marine, celle-ci menace non seulement la population mais aussi les poissons, les cétacés...toute vie aquatique.
Ne transformons pas les océans en poubelle géante en jetant tout et n'importe quoi dedans !


Emilie Villeneuve