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Pourquoi Nicolas Sarkozy ne veut pas abandonner le nucléaire

Publié Le 27 Avril 2011 à 09h12
 
Alors que beaucoup de pays dont l'Allemagne ont décidé de revoir complètement leur politique énergétique sur la base de l'abandon du nucléaire, Nicolas Sarkozy vient de rappeler ses bonnes raisons de faire le contraire.
DOSSIER SPECIAL

Lors de la conférence de presse qui vient de se tenir en Italie avec Sylvio Berlusconi, en prolongement des discussions sur l'épineux problème de l'immigration en provenance du Maghreb, Nicolas Sarkozy a tenu à repréciser, suite à une question de journaliste, et s'il en était besoin, ses raisons de poursuivre en France le développement des centrales nucléaires malgré " tous ceux qui agitent les peurs ".

Après avoir encensé Charles de Gaulle, " le visionnaire qui a tracé la voie de l'énergie nucléaire ", il a rappelé que c'est bien grâce à nos 19 centrales nucléaires et nos 58 réacteurs que nous sommes aujourd'hui à 80% autonomes en électricité. Que nous payons cette énergie beaucoup moins cher que nos voisins. Et que nous contribuons à réduire nos émissions de CO2, ce gaz à effet de serre qui ne détruit pas la couche d'ozone comme l'affirme le Président (la couche d'ozone est surtout détruite par les chlorofluorocarbures (CFC) émis par les aérosols) mais qui joue un rôle majeur dans le réchauffement climatique d'origine anthropique.

Alors pour Nicolas Sarkozy, il est bien évident qu' "il faut continuer à développer le nucléaire ". " C'est une nécessité " a-t-il affirmé, " parce que le solaire et l'éolien ne pourront pas remplacer le nucléaire ". Et parce que " si on veut de la croissance il faut de l'énergie ".

Il a cependant précisé qu'il fallait développer aussi les autres sources d'énérgie. Mais nous savons bien que c'est surtout l'industrie nucléaire qui va continuer à bénéficier largement des soutiens publics.

Les aides au développement des énergies renouvelables véritablement écologiques, les énergies incontournables du futur, demeurent pour l'instant totalement insuffisantes par rapport aux besoins. Et nous avons bien vu ce qui s'est passé pour l'énergie photovoltaïque et l'énergie éolienne, le Gouvernement ayant subitement décidé de changer les règles du jeu concernant les aides fiscales et financières et les conditions d'implantation pour les éoliennes.

Quant aux risques, le problème ne semble pas se poser pour notre Président " parce que nous avons les centrales nucléaires parmi les plus sûres " a-t-il affirmé. Mais il est quand même partisan d'"élever encore le niveau de sûreté des centrales ".

Et quand on lui rappelle les catastrophes survenues dans les centrales de Three Miles Island aux Etats Unis, puis à Tchernobyl en Ukraine il y a maintenant 25 ans, et aujourd'hui à Fukushima au Japon, il reconnait que l'accident de Tchernobyl était bien un accident nucléaire. Mais il conteste l'origine nucléaire de l'accident survenu dans la centrale de Fukushima car " la centrale a bien fonctionné et s'est arrêtée suite au tremblement de terre ". C'est donc " le tsunami qui a provoqué la catastrophe et non pas un problème lié directement à la conception de la centrale ".

Bien évidemment ça change tout.

José Vieira

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