"Au niveau international, les multinationales profitent de vides législatifs pour mener leurs activités au détriment du respect des droits sociaux, sociétaux, ou de l'environnement dans les pays du Sud. Des élus et de nombreux acteurs de la société civile, dont les Amis de la Terre, réclament désormais la mise en place d'un cadre juridique contraignant au niveau international", déclare l'ONG.
Pour Fanny Gallois, charge de campagne Droits de l'Homme au travail pour Peuples Solidaires : " Ils sont des milliers dans les pays du Sud à se mobiliser pour obtenir des conditions de de vie et de travail décentes. Les Prix Pinocchio se font l'écho de ces femmes et de ces hommes qui à l'autre bout du monde subissent les impacts négatifs des activités de multinationales qui ne sont pas tenues responsables de leurs actions ".
Pour Nathalie Péré Marzano, déléguée générale du CRID et coordinatrice de la campagne " Une seule planète ", " cet événement est également un moyen d'interpeller les responsables politiques sur l'absence de régulation contraignante, qui permet notamment que les multinationales ne soient pas tenues légalement responsables de l'impact de leurs activités, et encore moins de celles de leurs filiales, sur les personnes et l'environnement à travers le monde ".
En 2009, le groupe Bolloré recevait le Pinocchio d'or pour "conditions de travail déplorables " dans des plantations camerounaises, Total s'était distingué pour ses mauvaises pratiques environnementales et EDF récoltait l'image de " greenwasher ".
Aloys Ligault, chargé de campagne Responsabilité des entreprises aux Amis de la Terre, constate : " Deux ans après la première édition, les Prix Pinocchio démontrent encore malheureusement leur utilité. Tout le monde parle de capitalisme vert et d'" économie verte ", mais la réalité est encore une fois bien différente ".
Lire : Les Pinocchios du développement durable : Bolloré, Total et EDF dénoncés !
Afin de dénoncer publiquement le décalage entre les "beaux discours" d'un côté, et la réalité des actes des entreprises de l'autre, les Amis de la Terre décerneront encore cette année trois prix Pinocchio, en référence naturellement à la fameuse marionnette en bois et à sa très personnelle conception de la vérité :
- Un prix Pinocchio "Droits humains", remis à l'entreprise ayant perpétré les violations les plus graves des droits humains (y compris les droits sociaux, salariaux et sociétaux) parmi les nominés ;
- Un prix Pinocchio "Environnement", remis à l'entreprise ayant généré les impacts environnementaux les plus lourds parmi les nominés ;
- Un prix Pinocchio "Greenwashing", remis à l'entreprise ayant mené la campagne de communication la plus abusive et trompeuse au regard de ses activités réelles parmi les nominés.
Choisissez vos Pinocchios parmi trois catégories !
Cette année, les nominés sont :
- Sodexo, JL Vilgrain - Somdiaa - Sosucam, Orange et GDF-Suez dans la catégorie "Droits humains"
- AXA, Total, Eramet et Alstom dans la catégorie "Environnement"
- Crédit Agricole, SNCF Zéro Carbone, Aéroport de Beauvais-Tillé et Renault/Dacia dans la catégorie "Greenwashing"Les votes sont ouverts aux internautes sur le site www.prix-pinocchio.org
Ces prix seront ainsi décernés par les internautes, sur la base de quatre nominés par prix. Ils feront l'objet d'une cérémonie de remise publique le 9 novembre 2010 à Paris.
Mathilde Emery












