interview

Problématiques environnementales en Argentine : où en est-on?

 
 
Nicolas Deburge Reporter
Paris

Avec un diplôme de l'ESC Bordeaux et un master en communication de l'université Pompeu Fabra de Barcelone, il réalise aujourd'hui, dans le cadre de son association Résolutions Ecologiques, un premier voyage responsable à travers l'Amérique Latine et l'Asie, sur une durée de 1 an, intitulé "Resolutions Ecologiques, un voyage sur les traces du changement climatique ." www.resolutionsecologiques.com

 

Pour faire passer son message, Greenpeace avait besoin d'un exemple parlant et d'une action forte. L'association a donc a commencé par demander l'interdiction des ampoules incandescentes , en soulignant que 80% de l'énergie émise par ce type d'ampoules se perd, transformée en chaleur en lieu de lumière. Pour que le public puisse se faire une idée de la perte sèche d'énergie, l'ONG a utilisé la comparaison suivante : si tous les usagers du pays remplaçaient leurs ampoules classiques par des ampoules de basse consommation, l'énergie ainsi économisée équivaudrait à celle émise par une centrale nucléaire.

Il fallait aussi attirer l'attention des média pour obtenir une couverture optimale: pour ce faire, des activistes sont entrés au ministère de la culture argentin et se sont chargés eux-mêmes de remplacer les ampoules du hall d'entrée par des ampoules LED. Une action non violente et suffisamment originale pour attirer l'attention des médias, dans la plus pure tradition Greenpeace. L'ONG s'est ainsi adressée directement au gouvernement pour que celui-ci donne l'exemple en remplaçant toutes les ampoules incandescentes de ses bâtiments administratifs.

Suite à cette action, l'administration Krishner s'est appropriée l'idée de l'association et a pris une première mesure dans le sens de l'efficience énergétique, non seulement en s'engageant à changer ses lampes, mais elle est allée bien plus loin en lançant une loi visant à interdire les lampes classiques pour tout le marché résidentiel argentin en 2010. La loi a été promulguée et est en cours d'application.

Citons également, parmi les actions de l'association, un visuel impactant dont l'objectif était avant tout de communiquer sur la réalité du changement climatique dans le pays. En Argentine, ses effets recouvrent l'augmentation des températures, la désertification progressive dans les provinces du Chaco et de Salta, l'irrégularité croissante des précipitations dans la Pampa et l'augmentation des phénomènes extrêmes, comme les tempêtes et les inondations qui s'en suivent. Mais l'impact le plus parlant reste la disparition des glaciers. Greenpeace a donc réalisé un visuel comparant une photo du glacier Upsala, au sud de la Patagonie, prise en 1928 avec une autre photo datant de 2004. Le contraste est criant... La légende se contente de demander " De quelle autre preuve as-tu besoin ? "

Quand je lui demande son opinion sur l'évolution à venir du niveau d'intérêt des médias argentins pour les problématiques environnementales, Yanina se montre optimiste. Même si les enjeux environnementaux font rarement la une des journaux, les journalistes se montrent de plus en plus proactifs et sollicitent régulièrement l'opinion des ONG écologistes. Elle ajoute que de nombreux cursus liés à l'environnement ont vu le jour au cours des dernières années dans les facultés argentines.

Yanina conclue l'entretien en me conseillant d'aller visiter le site Internet de l'association. Celui-ci est très bien fait et donne une bonne idée de la diversité des actions mises en place par Greenpeace en Argentine. Les hispanophones seront bien inspirés d'aller y faire un tour ! (www.greenpeace.org.ar )

Nicolas Debruge

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