Projet Bio-T-Fuel : les agrocarburants seconde génération vers un futur scandale ?


Sommaire
1 - Projet Bio-T-Fuel : les agrocarburants seconde génération vers un futur scandale ?
2 - Le projet BioTFuel
3 - Un rapport de l'Ademe sur les biocarburants première génération à compléter
Publié Le 13 Octobre 2009 à 12h05
 
L'Etat se lance dans l'expérimentation des agrocarburants de seconde génération avec le projet BioTFuel, d'un coût global de 112 millions d'euros. Ce projet a été approuvé par le Conseil d'Administration de l'Ademe, le 7 octobre dernier qui investit 33 millions d'euros. Difficile d'approuver ce projet vu le peu de recul que nous avons sur le bilan de la première génération de ces agrocarburants et de ses impacts sur l'environnement.

Pour le projet BioTFuel, l'Etat est prêt à débourser 33 millions d'euros à plusieurs industriels dont 7 à Total. Dans un communiqué, le premier raffineur-marketeur européen affirme qu'il souhaite " améliorer le bilan écologique de ce type de produit énergétique d'origine agricole et éviter de mobiliser une matière première alimentaire. "

Ce type de carburants utiliserait en effet surtout des plantes pour éviter les cultures alimentaires. Total, qui participe déjà au projet Futurol (bioéthanol de deuxième génération), " forme le voeu que ce projet puisse démarrer dans les meilleurs délais ".

Or le projet industriel de production d'agrocarburant de seconde génération survient alors que l'étude confiée à l'Ademe sur le bilan environnemental des biocarburants de première génération n'a pas été publiée.

Pour Arnaud Gossement, porte parole de FNE : " Il n'est pas acceptable que l'Etat accorde des millions d'euros à une société ultra bénéficiaire qui a démontré son peu de respect pour l'environnement pour produire des agrocarburants. Il n'est pas acceptable de foncer tête baissée dans la production d'agrocarburants de 2ème génération sans évaluation environnementale complète et sans aucun débat public. Nous demandons au Gouvernement de revenir sur cette décision. Ne pas le faire serait un scandale ".

Mais aucun changement politique n'est envisagé par le ministère de l'Ecologie : " Les résultats apportés par les démonstrateurs de recherche et les travaux d'évaluation permettront de faire progresser le débat sur les biocarburants et servir de base à d'éventuelles décisions ultérieures ".