Maud Fontenoy en quelques dates
2003 : La navigatrice part pour la traversée de l'Atlantique Nord à la rame, en solitaire et sans assistance. Une première féminine qu'elle boucle en 117 jours.
2005 : Elle réussit le même pari fou dans le Pacifique entre le Pérou et Tahiti.
2006 : Maud Fontenoy s'élance de l'île de la Réunion pour son tour du monde à contre-courant qui s'achèvera 150 jours plus tard, après 3 caps franchis et un démâtage terrible dont elle se sort in extremis.
2008 : après ses six années d'aventures maritimes et humaines, elle crée la Maud Fontenoy Fondation pour s'adresser directement au jeune public, et lance son leitmotiv : " Soyons à contre-courant pour la planète ! ". Elle travaille en partenariat avec les ministères de l'Education nationale et de l'Ecologie, et avec un grand nombre de scientifiques.
M.F : "Je n'ai jamais eu de mal à être une bioaddict ; je suis partie en mer quand j'avais une semaine, j'ai habité toute ma vie sur des bateaux, j'ai passé plus de la moitié de mon existence en mer où l'on a peu de choses et où l'on est prêt de la nature, où l'on mange ce que l'on pêche... donc ma vie est remplie de choses essentielles.
Aujourd'hui, je vis avec mon bébé dans une maison à Marseille ; je ne mange que bio, je n'ai que des produits d'entretien verts, j'ai une voiture hybride, je prends le train... Même les murs de chez moi ont été repeints avec de la peinture bio ! Je suis forcée de temps en temps de faire des écarts comme prendre l'avion pour aller à l'étranger, je ne peux pas tout le temps y aller à la rame ! Et malheureusement, j'habite dans un quartier classé du fait qu'il y ait un marégraphe, on ne peut donc pas mettre de panneaux solaires et autres énergies vertes".
Quelle est votre " coup de gueule " actuel concernant les océans ?
M.F : " La marée noire dans le golfe du Mexique est ma grande tristesse. Je suis tellement dégoutée que je n'ose même plus regarder les informations ! C'est juste intolérable de voir cela. La bonne nouvelle est que la France ait envoyé des bateaux qui ramassent des hydrocrabures. Je suis notamment la marraine du Catamar, un très gros bateau dépolluant de 22,5 mètres de long en aluminium qui récoltent les hydrocarbures, les stocke et rejette de l'eau propre. J'ose espérer que l'on fait le maximum.
Cela ne peut être que révoltant lorsqu'on voit les dégâts et de savoir que dans 20 ans, même si on bouche le puits, il y aurait encore des conséquences sur la santé des océans et de l'alimentation.
Au-delà du problème écologique, c'est aussi un problème économique entre ce que ça coûte en nettoyage, les pêcheurs, le tourisme. J'espère que cette catastrophe va nous servir de leçon et que toutes les plates-formes vont être contrôlées... et que peut-être des normes plus strictes à respecter seront mises en place pour éviter que cela se reproduise ! ".
Emilie Villeneuve












