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Protection des océans : quelle boîte de thon choisir ?

Publié Le 25 Septembre 2014 à 11h16
 
Que cache votre boîte de thon ? Greenpeace a interrogé et classé les principales marques de boîtes de thon vendues en France selon leurs performances environnementales. Voici les marques à privilégier et celles à boycotter.

Protection des océans : quelle boîte de thon choisir ? Greenpeace a interrogé et classé les principales marques de boîtes de thon vendues en France selon leurs performances environnementales.

De la surexploitation des océans

La pêche industrielle met nos océans en péril, pille leurs ressources et menace les espèces qui y vivent.

L'intensification de l'effort de pêche a débuté dans les années 1990, mettant en oeuvre des techniques, telles que les dispositifs de concentration de poissons (DCP), permettant de maximiser les prises des pêcheurs industriels. Les thoniers senneurs sont particulièrement friands de cette méthode de pêche. Or, elle est destructrice car non sélective. Elle mène à la capture de nombreuses espèces autres que le thon. Par ailleurs, les prises sur DCP sont beaucoup trop importantes au regard de l'état des stocks de thons. Le thon albacore est l'espèce la plus consommée en France. Aujourd'hui il ne reste plus que 35% à 55% des stocks existants avant la pêche industrielle... La ressource de thon tropical, celui que l'on trouve dans les placards de 9 Français sur 10, s'épuise également de façon significative.

Que faire pour protéger les océans ? Agir en tant que consommateur !

Greenpeace a interrogé et classé les principales marques de boîtes de thon vendues en France selon leurs performances environnementales. Ces marques représentent plus de 75% des parts de marché de thon en boîte. Aujourd'hui le marché français du thon en boîte est peu performant. Le consommateur a le pouvoir de faire changer les choses et de rendre ce marché plus durable, en faisant un choix éclairé, en choisissant les marques dont le thon provient de stocks qui sont en bon état et pêché avec des méthodes de pêche durables (à la canne, à la ligne de traine ou à la senne sans DCP).

Quelles marques privilégier ?

Le classement de Greenpeace laisse cependant peu de choix. On y découvre que les marques à privilégier sont Phare d'Ekmühl (avec la note de 6,2/10) et Système U (5,5/10).

Pour Phare d'Ekmühl : 100% du thon est pêché à la canne ou à la ligne de traîne, techniques sélectives qui n'occasionnent pas de prise accessoire d'espèces non visées. Ces techniques permettent également de cibler des thons qui ont déjà pu se reproduire. Par ailleurs, Phare d'Eckmühl ne vend pas de thon albacore de l'Atlantique, stock le plus menacé. Le thon Germon du Pacifique nord, un stock exploité durablement, représente 9% de l'approvisionnement. Les 91% restants sont de l'albacore de l'océan Indien, stock pêché à la limite de durabilité. Enfin, la rédaction de la politique d'approvisionnement est en cours.

Pour Système U : 60 % du thon en boîte vendu par Système U est pêché à la canne ou à la ligne de traîne, techniques sélectives qui n'occasionnent pas de prise accessoire d'espèces non visées. Ces techniques permettent également de cibler des thons qui ont déjà pu se reproduire. D'autre part, 87% du thon en boîte vendu par Système U est du thon listao, dont les stocks sont en bon état. En revanche, il n'existe aucune politique d'approvisionnement écrite pour le thon en boîte.

Les marques à boycotter

Les marques les plus connues des consommateurs sont les marques les moins respectueuses des océans. Petit Navire obtient ainsi une très mauvaise note de Greenpeace (2,1/10) ainsi que Saupiquet (2,5/10).

Petit Navire : 98,9% des thons vendus par Petit Navire sont pêchés avec des méthodes non sélectives, comme la senne déployée sur des dispositifs de concentration des poissons. 10 % du thon vendu par Petit Navire est du listao, dont les stocks sont en bonne santé. Mais 87 % sont des thons albacores provenant de stocks surexploités ou en voie de l'être. La rédaction de la politique d'approvisionnement est en cours et devrait être rendue publique prochainement.

Saupiquet : 100% des thons vendus par Saupiquet sont pêchés avec des méthodes non sélectives, comme la senne déployée sur des dispositifs de concentration des poissons. Un peu plus de la moitié du thon vendu par Saupiquet est du listao, dont les stocks sont en bonne santé. Mais près de 40% provient du stock Atlantique d'albacore, victime de surpêche.
Il existe une politique d'approvisionnement pour le groupe Bolton, maison-mère de Saupiquet. La marque la reprend à son compte sur son site web mais ne l'applique pas.
Par exemple, le groupe Bolton s'est engagé à s'approvisionner à 45 % en thon pêché à la canne ou sans DCP d'ici fin 2013, ce qui n'est pas le cas de Saupiquet.

Les marques de boîtes de thon Carrefour, Intermarché, Auchan et Connétable ont également été évaluées par Greenpeace et ont toutes obtenu la mauvaise note de 2,6/10.

Retrouvez le tableau comparatif de Greenpeace sur le site www.greenpeace.org

L'utilisation des DCP posent des problèmes majeurs pour les ressources halieutiques

Un DCP est un assemblage d'objets flottants se prolongeant sous l'eau par des chaînes ou des filets. De nombreuses cavités se forment et permettent aux poissons de s'abriter, de se nourrir, de se reproduire. Les petits poissons trouvant refuge dans les DCP attirent de plus gros poissons, attirant eux-mêmes les thons qui s'en approchent pour se nourrir. Une fois que la quantité de poissons piégés par le dispositif est jugée suffisante, les thoniers se rendent sur la zone, déploient un grand filet, appelé la senne, autour du DCP et remontent à la surface tout ce qui se trouve autour.

Les DCP prennent beaucoup trop de poissons. La pression de pêche est de plus en plus forte. C'est dans les années 1990 que l'usage des DCP s'est intensifié. Depuis, les prises de thons tropicaux, le thon que l'on trouve dans les boîtes de conserve de Petit Navire et Saupiquet, ont augmenté de 100% entre 1990 et 2000.

Par ailleurs, c'est une méthode de pêche qui n'est absolument pas sélective. Les DCP remontent tout à la surface, en particulier les requins, les raies, les tortues. Au niveau mondial, la pêche thonière tropicale sur DCP génère 2 à 4 fois plus de rejets que la même pêche sans DCP, soit 100 000 tonnes par an.

Une pêche durable, sans DCP, est possible

Les marques soeurs de Petit Navire en Angleterre et en Italie ont déjà pris l'engagement de s'approvisionner en thons pêchés sans DCP. Le groupe Bolton, qui possède Saupiquet à l'international, s'est également engagé dans ce sens mais l'engagement n'est pas appliqué en France. En attendant, vous pouvez agir en tant que consommateur en privilégiant les marques de boîtes de thon qui privilégient une pêche plus durable. Maintenant, VOUS avez le pouvoir de faire changer les choses, en faisant un choix éclairé.

Stella Giani

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