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Protection solaire : pourquoi préférer les cosmétiques bio

Publié Le 9 Juin 2011 à 13h54
 
Tout en étant très efficaces, les cosmétiques bio permettent d'éviter les effets néfastes voire toxiques des filtres chimiques pour l'homme et l'environnement. Conseils pratiques pour bien les choisir.
DOSSIER SPECIAL

L'indice de protection (SPF)

L'indice de protection le plus connu est le SPF (Sun Protection Factor) ou IP. Cet indice, indiqué sur le packaging des produits solaires, est calculé selon une méthode standardisée effectuée en laboratoire et en rapport direct avec l'érythème (" coup de soleil ") que provoque un rayonnement artificiel d'UV, mais il ne concerne que la protection contre un type d'ultraviolets, les UVB.

Depuis 2006, la Commission européenne a mis au point une norme concernant le SPF. Il existe quatre classes de protection :

- Faible protection : SPF 6 à 10
- Protection moyenne : SPF 15 à 25
- Haute protection : SPF 30 à 50
- Très haute protection : SPF 50 et +

Bon à savoir : il n'est pas forcément utile d'utiliser de très forts indices de protection car un SPF 30 absorbe 97% des UVB alors qu'un indice 50 n'en absorbe qu'1% de plus.

La protection contre les UVA est aussi nécessaire

Si pendant longtemps les produits solaires ont protégé contre les UVB seulement, il a été montré depuis que la protection contre les UVA est tout aussi indispensable. Si les premiers sont principalement responsables du coup du soleil, les seconds, qui pénètrent plus profondément dans la peau, peuvent induire à long terme des dommages irréversibles - vieillissement de la peau, voire cancer cutané (mélanome). La Commission européenne avec le Colipa (The European Cosmetics Association) préconise comme premier critère une protection anti-UVA égale au moins à un tiers du SPF ; le second critère concerne la longueur d'onde critique qui doit être supérieure ou égale à 370 nm.
Quand cette protection est assurée, elle est indiquée sur le packaging par un logo spécifique (UVA entouré).

Les filtres chimiques accusés d'être toxiques

Les filtres chimiques agissent en absorbant la lumière ultraviolette. Il faut généralement en associer plusieurs pour assurer une protection contre les UVB et les UVA. Actifs seulement 30 mn après application, ils sont susceptibles de provoquer des irritations, allergies ou réactions photoallergiques (allergie en présence du soleil).
Ils ont été récemment décriés en raison de leur toxicité sur l'environnement et sur l'homme. En traversant la barrière cutanée, ils s'infiltrent dans l'organisme. Certains d'entre eux seraient des perturbateurs endocriniens - comme l'oxybenzone. Ces substances ont été retrouvées dans le lait maternel.
D'un point de vue écologique, ces filtres sont accusés de dégrader l'environnement marin. Une étude financée par la commission européenne a démontré en 2008 que plusieurs filtres chimiques dont l'octocrylène, l'éthyllhexylmethoxycinnamate (OMC) et le benzophénone 3 (BZ) sont responsables du blanchiment des coraux. 10% des récifs coralliens à travers le monde seraient concernés.

Les cosmétiques bio : une meilleure alternative

Dans le monde bio, point de cette chimie. Outre le fait que les crèmes solaires bio respectent la charte commune aux autres produits bio (sans OGM, parabens, silicone, ingrédients issus de la pétrochimie,...), cette catégorie a comme spécificité d'utiliser pour leur protection solaire des filtres minéraux, excluant l'utilisation de filtres chimiques.
Les écrans minéraux agissent en reflétant et dispersant la lumière, comme un effet miroir. On y trouve le dioxyde de titane et l'oxyde de zinc, ce dernier étant plus actif contre les UVA. L'utilisation de ces deux filtres offre une protection large spectre contre les UV, et permet d'obtenir le ratio anti-UVA/ UVB recommandé par le Colipa. Inertes, ces filtres ne provoquent pas d'allergies, et sont efficaces dès l'application.
Une trop grande quantité de ces minéraux dans l'environnement peut être polluante - certains ayant soulevé la potentielle éco-toxicité de ces minéraux. Mais avec les quantités utilisées, et comparés aux filtres chimiques, ces écrans sont une solution plus écologique... Il faut bien avouer qu'il n'y a pas encore de solution parfaite, à part le tee-shirt, le chapeau... et l'ombre!

Les nanoparticules indésirables dans les cosmétiques bio

Le point faible des formulations à base d'écrans minéraux a longtemps été leur effet blanchissant à l'application, peu apprécié des consommateurs. Une des solutions a été de réduire la taille des particules. Ce qui a conduit à l'essor des nanotechnologies, qui depuis ont soulevé une vive polémique. Soupçonnés de pénétrer dans l'organisme, les nanoparticules (dont la dimension est inférieure à 100 nm soit un milliardième de mètre) pourraient présenter un risque pour la santé en cas de bioaccumulation - risque d'inflammation pulmonaire type amiante ou dégradation de l'ADN. C'est pourquoi le monde du bio a pris les devant : l'organisme Ecocert et l'association Cosmebio ont banni les nanoparticules de sa certification.
Là encore, de nombreuses discussions sont en cours, car ce sont en fait souvent des agglomérats de nanoparticules - préalablement traitées et enrobées - qui sont utilisés. Le risque est donc qu'ils redeviennent des nanoparticules au cours du temps. Mais les fabricants étant très au fait de cette problématique, le produit est examiné après la fabrication et testé après application sur la peau. Les agglomérats persistent de façon nettement majoritaire, et donc ne traversent pas la barrière cutanée.

Le soin par les huiles végétales

L'autre atout des crèmes solaires bio est d'incorporer dans leurs formules de nombreuses huiles végétales aux vertus, protectrices, émollientes, réparatrices, anti-inflammatoires... Ce qui permet d'allier aux effets protecteurs proprement solaires un effet soin. Outre les plus connues huiles de jojoba, de sésame, ou beurre de karité, d'autres espèces plus exotiques trouvent leur place dans les formules : cupuaçu (arbre d'Amazonie proche du cacaoyer), buriti, noix du Brésil, baobab, etc. Ces huiles sont souvent choisies en fonction de leurs qualités reconnues depuis des décennies par les populations locales.

Rappelons que toute protection solaire passe par des règles de base qu'il est toujours préférable de suivre :

- éviter les expositions entre 11h et 16h l'été, au cours desquelles le rayonnement est le plus fort ;
- augmenter progressivement le temps d'exposition (d'autant plus lentement que l'on a la peau claire) ;
- ne pas exposer directement les enfants. Les protéger avec un chapeau, des vêtements, des lunettes ;
- ne jamais exposer un bébé directement au soleil ;
- se sécher au sortir de l'eau car la peau mouillée est plus perméable aux UV ;
- utiliser des produits adaptés à son type de peau (appelé phototype) et réappliquer régulièrement le produit surtout après les baignades.

Caroline Chavigny

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