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Réchauffement climatique : après l'échec de Copenhague, l'échec de Cancun ?

Publié Le 24 Septembre 2010 à 14h15
 
Les puissances mondiales n'attendent pas de la réunion sur le climat de Cancun, prévue en décembre 2010, un accord juridiquement contraignant pour lutter contre le réchauffement climatique.
DOSSIER SPECIAL

Va-t-on assister à un deuxième Copenhague ?

La réunion de l'ONU sur le climat, qui aura lieu à Cancun du 29 novembre au 10 décembre prochain, fait suite au chaotique sommet de Copenhague, où les négociateurs n'avaient pu se mettre d'accord sur un texte contraignant. En effet, l'accord qui y avait été négocié à l'arraché par une vingtaine de chefs d'Etat fixe comme objectif de maintenir le réchauffement planétaire au dessous de 2 °C, mais reste évasif sur les moyens et les échéances nécessaires pour y parvenir.

Lire " Copenhague, échec et consternation "

A deux mois du Sommet de Cancun, une réunion du Forum des principales économies mondiales a eu lieu à New York en début de semaine. Cette réunion a réuni  17 des principales puissances économiques de la planète (l'Afrique du Sud, l'Allemagne, l'Australie, le Brésil, le Canada, la Chine, les Etats-Unis, la France, la Grande-Bretagne, l'Inde, l'Indonésie, l'Italie, le Japon, la Corée du Sud, le Mexique, la Russie ainsi que l'Union européenne), puissances qui contribuent ensemble à 80 % des émissions de CO2 dans le monde.

Et le bilan de cette réunion n'est pas rassurant....

Todd Stern, l'émissaire spécial américain sur les questions liées au climat, a ainsi déclaré à la presse que "nul n'anticipe ou ne s'attend, d'une manière ou une autre, à ce qu'un traité juridique soit rédigé à Cancun cette année".

Lire " Réchauffement climatique : Cancun accueillera la prochaine conférence des Nations Unies fin 2010 "

Il a également précisé que certains pays seraient même en train de faire machine arrière par rapport aux engagements non contraignants de réduction des émissions recensés au terme du sommet de Copenhague.

Lire "Changement climatique : l'engagement insuffisant des pays après Copenhague "

S'il a réaffirmé l'engagement des Etats-Unis de réduire d'ici 2020 leurs émissions de gaz à effet de serre de 17 % par rapport aux niveaux de 2005, il n'a cependant pas précisé comment cet objectif serait tenu alors qu'aucun texte de loi n'a été adopté au Congrès.

"Il ne fait aucun doute pour moi qu'il y aura une législation significative. Mais je ne peux pas dire exactement quand et je ne peux dire exactement quelle en sera la forme", a-t-il ainsi précisé.

Le seul point qui semble se concrétiser est la création d'un fonds vert pour lutter contre le réchauffement climatique.

L'accord a minima de Copenhague prévoit en effet notamment une aide pour les pays les plus vulnérables de 30 milliards de dollars entre 2010 et 2012, pour arriver à 100 milliards de dollars d'ici à 2020. Un montant engagé au titre de la "responsabilité historique" des pays industrialisés envers les plus démunis mais qui reste depuis un des points noirs des négociations. Début septembre, les ministres de l'Environnement de 46 États ont fait part de leur convergence sur la création de ce fonds, se montrant optimistes sur la possibilité d'une annonce à Cancun.

Lire "Réchauffement climatique : vers un fond vert à Cancun fin 2010"

Mais mise à part la création de ce fonds, les discussions sur le climat n'avancent pas et semblent malheureusement au point mort.

"C'était une rencontre très constructive, mais pas un forum où l'on peut prendre des décisions", a ainsi estimé la Commissaire européenne en charge du Climat, Connie Hedegaard, à la sortie de la réunion de New-York.

Le secrétaire général de l'Organisation météorologique mondiale (OMM), Michel Jarraud, a appelé hier, en marge d'une conférence à Bogota, à une intensification des efforts contre le réchauffement climatique et à l'adaptation des secteurs touchés. "Si on attend, les conséquences seront beaucoup plus graves et le coût de l'adaptation sera plus important pour des nombreux pays" a-t-il prévenu.

"Même en réduisant les émissions (de gaz à effet de serre, ndlr), il y aura quand même un certain changement climatique", a-t-il ajouté.

La question est : Face à l'incapacité des puissances mondiales à agir, peut-on encore être optimiste pour l'avenir ?

Lire "Réchauffement climatique : vers la fin du Monde ?"

Emilie Villeneuve