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Santé : alerte sur les produits alimentaires "premiers prix"

Publié Le 30 Mai 2014 à 10h40
 
Viandes gris verdâtre impropres à la consommation humaine dans des charcuteries, moisissures, souris vivantes ou mortes, excréments de souris dans des étuves à chorizo, fromage ramassé à la raclette sur le sol pour en faire du fromage fondu : voilà ce qu'ont trouvé les enquêteurs de la Brigade nationale d'enquêtes vétérinaires et phytosanitaires (BNEVP) lors d'une enquête sur les produits "premiers prix" et la sécurité alimentaire pour la Cour des comptes.

Un scandale sanitaire tenu secret

Le quotidien breton "Le Télégramme" a réussi à se procurer la partie confidentielle de cette enquête révélant ce scandale et l'a révélé ce jeudi 28 mai. Le rapport original fait en effet 179 pages... et le rapport officiel seulement 25 pages.

"Lors de son enquête, la Cour des comptes semble avoir été particulièrement choquée par certaines découvertes, notamment sur les produits premiers prix" rapporte Le Télégramme.

"L'offre des produits premiers prix peut paraître attractive, mais leur consommation systématique, par une population croissante, pourrait avoir à terme des répercussions sur la santé publique", signale le rapport.

Les enquêteurs de la BNEVP ont constaté lors de leurs inspections dans des établissements des " manquements graves aux conditions d'hygiène ", des " failles de traçabilité ", et ont fait part de " résultats d'analyse connus une fois que les produits ont été expédiés et très souvent consommés ".

" Ces produits ne correspondent aucunement à l'idée que peut s'en faire le consommateur, même averti, posant la question de leur bonne information (...) Le consommateur ne réalise pas que la VSM (viandes séparées mécaniquement), viande gros grain, viande 3 mm et viande bader, ne sont en fait pas de la viande au sens de la réglementation européenne " rapporte le Télégramme. " Les industriels oeuvrent pour que ces appellations soient encore moins explicites ", rapporte la Cour des comptes.

Vers un accident sanitaire majeur en France ?

Les syndicats du ministère de l'Agriculture sont très alarmistes. Dans une note intersyndicale de 2012, ils estimaient déjà que la survenue d'un accident sanitaire majeur n'était " plus qu'une question de temps " révèle également le Télégramme.

Fruits et légumes : alerte sur les pesticides

Le rapport de la Cour des comptes constate également que les bilans des contrôles des pesticides sur les fruits et légumes, notamment, font état de " taux de non-conformité toujours élevés ".

La Cour des comptes suggère de " faire réaliser des analyses montrant les différences de taux de contamination entre produits issus de l'agriculture bio et ceux qui ne le sont pas ". " Une communication forte autour de ces résultats permettrait sûrement d'orienter la demande vers une agriculture plus raisonnée ", plaide la Cour. Et de citer des résultats éloquents, datant de 2012 : taux de résidus détectables de 41 % dans les produits classiques (non-conformité de 14 %), contre 9,2 % de résidus détectables (0,7 % de non-conformité) dans le bio.

La Cour relève que deux études de l'Inserm et l'INVS de 2013 reconnaissent que le mélange de plusieurs résidus de pesticides (" effet cocktail ") peut entraîner une exposition chronique " dont les effets suspectés sur la santé sont l'apparition de cancers, des troubles de la reproduction, des systèmes endocrinien, immunitaire et/ou nerveux central ".

Comment en est-on arrivé là ?

Le rapport de la Cour évoque le manque de personnel, de contrôles, les enquêtes confidentielles et les fraudes à grande échelle. " Un établissement de remise directe (boucherie, restaurant, centre commercial...) sera en moyenne contrôlé trois fois au cours d'un siècle! On ne compte que 43 agents pour contrôler plus de 110 000 établissements de restauration collective (hôpitaux, cantines scolaires...) " explique le Télégramme.

" Pour les professionnels de l'agroalimentaire, on nous répond que des dispositifs d'autocontrôle ont été mis en place. C'est comme si on demandait aux automobilistes de contrôler seuls leur vitesse. S'il n'y a pas, de temps en temps, un gendarme au bord de la route, c'est illusoire et dangereux. Quant à nos contrôles, ils ne consistent plus qu'à vérifier des papiers et des étiquettes. C'est administratif, c'est tout. Les agents sont à bout de souffle et n'ont plus le temps d'enquêter " rapporte le Télégramme.

Voici un nouveau scandale qui devrait faire beaucoup de bruit...

Pour lire l'article complet du Télégramme, rendez-vous sur le site www.letelegramme.fr

Stella Giani


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