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Santé animale : les résistances aux antibiotiques ne cessent d'augmenter

Publié Le 24 Avril 2012 à 13h45
 
Les dernières données du réseau de surveillance de l'antibiorésistance des bactéries pathogènes animales (Résapath) confirment la progression des résistances aux antibiotiques en particulier chez les poules et poulets. Une bonne raison pour consommer de la viande de la filière bio dans laquelle les antibiotiques sont interdits.

L'Anses (Agence Nationale de Sécurité Sanitaire de l'Alimentation) s'inquiète de la progression chez l'animal de la résistance aux antibiotiques de la famille des fluoroquinolones et des céphalosporines de 3ème et 4ème générations. Ces antibiotiques ont en effet une importance majeure en santé animale mais aussi en santé humaine car ils représentent aujourd'hui les antibiotiques de dernier recours. Cette résistance peut donc conduire à des décès prématurés et à des épidémies incontrôlables faute de traitement efficace.

Les données issues du dernier rapport de la section du médicament vétérinaire (Anses-ANMV) sur les consommations animales d'antibiotiques en 2010 montrent que le volume total des ventes s'est élevé à 1014,24 tonnes. Quatre familles (tétracyclines, sulfamides, pénicillines et macrolides) ont représenté plus de 80 % du total des ventes. La famille des tétracyclines a représenté à elle seule près de la moitié des ventes.

Le rapport montre heureusement une stabilisation de la consommation des fluoroquinolones et des céphalosporines de 3ème et 4ème générations, après une augmentation régulière sur les dix dernières années. Mais depuis douze ans, le niveau d'exposition des animaux aux fluoroquinolones a quasiment été multiplié par deux et l'exposition aux céphalosporines a presque triplé.

Et ce sont les résistances à l'action de ces deux familles d'antibiotiques qui inquiètent le plus , car les dernières données du réseau de surveillance de l'antibiorésistance des bactéries pathogènes animales (Résapath) confirment la progression des résistances aux fluoroquinoles et aux céphalosporines de 3ème et 4ème générations, en particulier dans la filière poules/poulets.

Les bovins les plus concernés

C'est chez les bovins, entre 2009 et 2010, que l'exposition aux antibiotiques a le plus augmenté (+11,2 %). Cette augmentation est due principalement à une augmentation de l'exposition aux antibiotiques administrés par voie injectable (augmentation de l'utilisation des Pénicillines (+ 29%), des céphalosporines de 3ème et 4ème générations (+ 25%), des fluoroquinolones (+ 23%)).
Chez les porcins, entre 2009 et 2010, l'exposition a diminué de 6,8 %.
Et chez les volailles, entre 2009 et 2010, l'exposition a augmenté de 2,3 %.

L'Anses qui est mobilisée sur ce sujet depuis 1999 a donc fait de l'antibiorésistance une de ses principales priorités pour les années à venir et a décidé de poursuivre ses travaux de recherche pour identifier les pratiques les plus à risque concernant l'émergence de ces résistances.

Un groupe d'experts a été constitué, le résultat de ses travaux est attendu d'ici fin 2013.
Bien sûr l'Agence précise que conformément aux recommandations européennes ces antibiotiques sont strictement réservés aux traitements de 2ème intention. Mais le sont-ils vraiment ? Il est tentant pour les éleveurs de les utiliser larga manu non seulement pour traiter les animaux malades, mais aussi pour prévenir les maladies...
Des résidus des ces principes actifs se retrouvent donc ainsi, bien évidemment, dans la viande, et en bout de chaîne dans l'organisme des consommateurs.

Préférer la viande bio

Face à ce risque de développement des antibiorésistances qui peuvent s'avérer catastrophiques pour notre santé, ne pouvant contrôler les éleveurs, le seul moyen pour le consommateur de l'éviter est de choisir de la viande bio.

L'utilisation des antibiotiques est en effet interdite dans l'élevage bio. Seuls des médicaments homéopathiques peuvent être prescrits pas le vétérinaire. Et si l'éleveur est contraint d'utiliser des antibiotiques pour sauver l'animal, la viande sera déclassée et ne pourra pas être certifiée bio.

Jeannine Czech