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Santé : doit-on avoir peur des ampoules basse consommation?

Publié Le 5 Septembre 2011 à 16h30
 
Le 1er septembre, les lampes à incandescence de plus de 75 watts ont été retirées du marché français. Bonne ou mauvaise nouvelle ? Leurs remplaçantes, les ampoules fluocompactes ou les lampes à basse consommation, suscitent certaines craintes en raison du mercure et des composés de métaux lourds qu'elles contiennent.

Sur son site Internet la journaliste Annie Lobé demande au consommateur de renoncer à ces ampoules. Auteure de La fée électricité: fée ou sorcière?, un livre sur la pollution électrique et la nocivité des ondes à basses et hautes fréquences, les révélations qu'elle y fait et une vidéo diffusée sur le net afin d'alerter l'opinion, ont fait couler beaucoup d'encre.

Ultraviolets, radiofréquences et vapeurs de mercure...

Et pour cause ! Annie Lobé reproche à ces ampoules d'émettre des ultraviolets "dont la dangerosité est officiellement reconnue" mais aussi "des radiofréquences à des intensités supérieures aux valeurs réglementaires, des champs magnétiques de 50 hertz reconnus comme cancérogènes possibles par l'OMS." Enfin, les ampoules basse consommation contiennent des vapeurs de mercure, qui seraient " hautement toxiques" d'après la journaliste. En bref, ces ampoules, de plus en plus plébiscitées par les consommateurs, pourraient s'avérer cancérigènes.

Si l'on écarte les ondes émises et que l'on s'intéresse seulement au mercure, certains scientifiques réfutent cette enquête, lui reprochant son manque de rigueur. Les "pro-fluocompactes" les doses de mercure présentes ne sont pas suffisamment élevées pour être nocives. Le Syndicat de l'éclairage estime pour sa part qu' "il faudrait des centaines de lampes fluo-compactes pour obtenir l'équivalent du contenu en mercure d'un thermomètre à l'ancienne."

Mais le doute reste permis comme en témoigne une étude commandée par l'Ademe rendue public en juin 2010 et un communiqué de la Commission de sécurité des consommateurs (CSC) publié en février 2011. Alors que l'Ademe estime ne pas disposer actuellement "des méthodes disponibles d'expérimentation" afin de connaître "les effets des champs électromagnétiques à une distance de moins de 30cm du corps", la CSC choisit pour sa part le principe de précaution, en faisant quelques recommandations concernant le choix et l'utilisation de ces ampoules.

Ces recommandations font suite aux recherches menées par la commission sur les niveaux d'émission d'ondes électromagnétiques autorisés et sur les teneurs acceptables de mercure dans l'air. Concernant le mercure, la CSC fait le constat suivant : "la réglementation ne définit pas la teneur en mercure dans l'air considérée comme dangereuse pour le public, tant pour une exposition de courte durée que pour une exposition à plus long terme. " Voilà qui n'est pas très rassurant pour les consommateurs, de plus en plus nombreux à opter pour cet éclairage économique.

La CSC "demande donc aux pouvoirs publics de déterminer les valeurs maximales d'exposition aux vapeurs de mercure acceptables dans l'air ambiant." La commission estime également que les pouvoirs publics devraient prendre en compte "les progrès technologiques", et abaisser "le niveau maximal de teneur en mercure de 5 à moins de 2 mg par lampe".

 

Que faire pour éviter toute exposition ?

La CSC publie donc certaines recommandations à prendre et conseille aux consommateurs de "privilégier l'achat de lampes affichant les quantités de mercure les plus faibles possibles."

Dans le cas où la lampe se briserait, "les occupants du logement sont invités à ventiler longuement la pièce et à la quitter". Ensuite, les débris doivent être ramassés soigneusement à l'aide de gants et de papier absorbant, et placés dans des sacs en plastique en évitant que les débris de verre ne les percent. L'utilisation de l'aspirateur, qui contribue à mettre en suspension dans l'air des particules de mercure, est à proscrire.

Par ailleurs, le consommateur est invité à participer au recyclage des ampoules usagées en les déposant dans un des points de collecte prévus à cet effet dans de nombreux magasins ou en déchetterie.

Enfin, la CSC recommande, selon le rapport de l'ADEME, de se tenir à une distance minimale de 30 cm d'une lampe fluocompacte en cas d'exposition prolongée, par exemple lors d'une lecture à la lumière d'une liseuse.

Alors que l'on ne connaît pas d'alternative au mercure pour produire des lampes peu énergivores, de plus en plus de scientifiques se tournent vers la technologie des diodes électroluminescentes (LED), qui reste, à ce jour, largement perfectible. Car si les luminaires ou les lampes intégrant correctement des LED de qualité ne présentent aucun risque pour l'utilisateur dans des conditions normales d'utilisation, en revanche, les luminaires ou les lampes à LED de mauvaise facture et/ou mal installés présentent un risque potentiel pour les yeux.

Célia Garcin