Bioaddict



Santé : l'EFSA nie toujours la dangerosité du Bisphénol A

Publié Le 22 Janvier 2015 à 10h21
 
L'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a publié le 21 janvier 2015 les résulats d'une nouvelle étude qui stipule que "l'exposition au bisphénol A ne présente pas de risque pour la santé des consommateurs". Une conclusion qui crée la surprise alors que de nombreuses études scientifiques attestent l'inverse.
L'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) estime que "l'exposition au bisphénol A ne présente pas de risque pour la santé des consommateurs". La ministre de l'Écologie, Ségolène Royal, s'est dite " très surprise ", s'interrogeant sur le " poids des lobbies " après la publication de ce rapport le 21 janvier 2015.

"La réévaluation complète par l'EFSA de l'exposition au bisphénol A (BPA) et de sa toxicité a permis de conclure qu'aux niveaux actuels d'exposition, le BPA ne présente pas de risque pour la santé des consommateurs de tous les groupes d'âge (y compris les enfants à naître, les nourrissons et les adolescents)", a annoncé l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) dans un communiqué publié le 21 janvier 2015.

Suite à la publication de ce rapport, l'association pour la défense de l'environnement et de la santé Génération Futures crie au scandale. "Des centaines d'études universitaires publiées dans des revues à comité de lecture montrent des effets délétères du BPA à des doses très très inférieures aux doses journalières tolérables actuelles. L'Agence sanitaire de l'alimentation française, l'ANSES, a elle-même revu son évaluation de la dangerosité du BPA en précisant qu'elle " montre que certaines situations d'exposition de la femme enceinte au bisphénol A présentent un risque potentiel pour l'enfant à naître ". L'Anses avait également proposé en 2012 un classement plus sévère du BPA en tant que toxique pour la reproduction dans le cadre de la réglementation CLP" explique l'association dans un communiqué.

"Aujourd'hui, malgré toutes ces prises de position scientifique, l'EFSA continue à se cramponner à une poignée d'études réalisées selon les critères de l'industrie pour défendre l'indéfendable, sans prendre en compte l'ensemble de la connaissance scientifique validée, publiée dans les revues scientifiques" s'indigne François Veillerette, porte-parole de Générations futures. "Générations Futures y voit là la main des lobbies industriels qui infiltrent ou influencent l'EFSA depuis longtemps. Cette empreinte du lobby est d'autant plus claire que la publication de cette nouvelle évaluation survient alors que la France vient de mettre en application le retrait du BPA des contenants alimentaires et que le débat européen sur les perturbateurs endocriniens bat son plein et que la consultation publique sur ce thème vient de se terminer".

La ministre de l'Écologie Ségolène Royal s'est elle-même dite "très surprise" des conclusions de l'Efsa, s'interrogeant sur le "poids des lobbies". "Je suis très surprise par cet avis, curieusement lancé au moment où l'interdiction du Bisphénol A est entrée en application, le 1er janvier" en France, a réagi la ministre auprès de l'AFP. "Le ministère va faire expertiser cet avis, pour voir si le poids des lobbies n'est pas intervenu dans sa publication", a-t-elle encore déclaré.

Où trouve-t-on du BPA ? Quels sont les risques pour la santé ?

Le BPA (Bisphénol A) est un composé chimique utilisé dans la fabrication de matériaux en contact avec des aliments, tels que des articles de vaisselle réutilisables en plastique ou des revêtements de boîtes de conserve ou de cannettes (principalement en couche de protection). Le BPA est aussi communément employé dans le papier thermique habituellement utilisé pour les tickets de caisse. Des résidus de BPA peuvent migrer dans les aliments et les boissons et être ingérés par le consommateur. Le BPA issu d'autres sources que les sources alimentaires, y compris le papier thermique, les cosmétiques et la poussière, peut être absorbé à travers la peau et par inhalation.

De nombreuses études scientifiques montrent que le BPA est un perturbateur endocrinien toxique pour la santé avec des effets possible sur les systèmes reproductif, nerveux, immunitaire, métabolique et cardiovasculaire, ainsi que sur le developpement de cancers.

Il faut savoir que le Bisphénol A a été interdit dans les biberons depuis janvier 2011 dans l'Union européenne. La France a étendu en 2013 cette interdiction à tous les contenants alimentaires destinés aux enfants de 0 à 3 ans, et l'applique depuis janvier 2015 à tous les contenants alimentaires.

Il semblerait ainsi aujourd'hui que l'EFSA se soucie davantage des lobbies que de la santé des consommateurs.

Stella Giani


Acceuil Biomap
Marché Bio de Pessac
Place de l'Eglise Alimentation bio Marché bio Voir la fiche