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Santé : les ondes émises par les téléphones portables seraient cancérogènes

Publié Le 1 Juin 2011 à 10h38
 
Pour les experts qui viennent de se réunir à Lyon, les preuves qui continuent à s'accumuler sur les risques cancérogènes potentiels pour l'homme des ondes électromagnétiques émises par les téléphones portables sont aujourd'hui assez fortes pour qu'il faille lancer des études complémentaires et mettre en place des mesures de précaution.

Ce n'est plus sur des soupçons mais sur des preuves que les experts du Centre International de recherche sur le cancer (CIRC), rattaché à l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) viennent d'annoncer qu'ils classaient les champs électromagnétiques de radiofréquence émis par les téléphones portables comme " peut-être cancérogènes pour l'homme ".(Classification 2B).
Les champs électromagnétiques produisent en effet une augmentation de la température des tissus laquelle pourrait être à l'origine de mutations cellulaires.

Pour Jonathan Samet, Président du groupe de travail d'une trentaine d'experts de 14 pays, qui s'est réuni à Lyon pendant huit jours, les preuves qui continuent à s'accumuler sont assez fortes pour justifier cette décision. L'analyse des études épidémiologiques montrent en effet " un risque accru de gliome, un type de cancer du cerveau associé avec l'usage du téléphone sans fil ".

Il devient donc désormais indispensable de surveiller de près le lien entre les téléphones portables et le risque de cancer notamment en cas d'usage intensif et sur le long terme.

Que faire en pratique ?

En attendant les résultats complémentaires des études qui vont être lancées, et qui seront longs à obtenir, pour Christopher Wild, directeur du CIRC, il est important de prendre dès maintenant des mesures de précaution afin de réduire l'exposition aux ondes électromagnétiques " en utilisant les kits mains-libres et en privilégiant les SMS ".

Mais d'autres mesures vont devoir aussi être mises en place.
Il va falloir protéger les enfants car ils sont plus vulnérables pendant la croissance, voire les femmes enceintes.

Par ailleurs, ne faudrait-il pas revoir encore à la baisse les débits d'absorption spécifique DAS, c'est-à-dire le niveau de radiofréquence émis par les téléphones portables ? Ce niveau maximum autorisé est de 1,6 watt par kilo (W/kg) aux Etats Unis, et de 2 W/kg en Europe.

Ne faudrait-il pas aussi imposer un éloignement minimum des antennes relais, qui émettent aussi des ondes électromagnétiques, par rapport au habitations ? C'est sur une distance de 100 à 200 mètres que les effets sur l'organisme seraient les plus élevés.

Pour plus d'informations, consultez le site www.priartem.fr

Enfin, les ondes électromagnétiques émises par les bornes wifi ne sont-elles pas également concernées ?

En France, nous avons inscrit le principe de précaution dans la Constitution.
Après cette annonce de l'OMS, qui en surprend beaucoup, et qui sonne comme un coup de tonnerre dans un ciel que les opérateurs téléphoniques s'étaient jusqu'à présent évertués à présenter comme parfaitement serein, nous attendons que le Gouvernement le mette en place sans délai concernant les ondes électromagnétiques. Car il y a dans notre pays plus de 60 millions de téléphones portables en circulation, des bornes wifi à tous les étages, et des milliers d'antennes relais.

Christina Vieira

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