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Santé : les preuves s'accumulent sur la toxicité des pesticides

Publié Le 14 Juin 2013 à 19h43
 
Une nouvelle étude sur les pesticides menée par les experts de l'INSERM (Institut National de la santé et de la Recherche Médicale) et portant sur l'analyse des données scientifiques publiées depuis trente ans confirme la toxicité de ces produits notamment pour les agriculteurs, les foetus et les jeunes enfants.

De nouvelles études sont publiées régulièrement sur les effets toxiques pour la santé des pesticides (herbicides, insecticides, fongicides) utilisés par les agriculteurs mais aussi par tous les professionnels du jardinage et de l'entretien des espaces verts, et les particuliers.

Ainsi depuis déjà une bonne trentaine d'années, les études épidémiologiques alertent sur la responsabilité des expositions professionnelles aux pesticides dans la survenue de cancers, de maladies neurologiques, des troubles de la fertilité et sur les effets d'une exposition, même à faible dose, au cours de périodes sensibles du développement de l'organisme pendant la grossesse et pendant l'enfance. De nombreux pesticides sont en effet considérés comme des perturbateurs endocriniens qui miment de façon anormale l'action des hormones naturelles et brouillent ainsi le bon déroulement du programme génétique du foetus et de l'enfant.

Afin de bien évaluer l'impact des pesticides, la Direction générale de la santé a donc demandé à l'Inserm de réaliser un bilan de la littérature scientifique internationale publiée depuis 2008 concernant l'ensemble des données sur les expositions professionnelles et les expositions précoces (foetus et jeunes enfants). Et ses conclusions, qui sont publiées ce jeudi 13 juin 2013, malgré les pincettes habituelles prises par les experts, confirment qu' " il semble exister une association positive entre exposition professionnelle à des pesticides et certaines pathologies chez l'adulte : la maladie de Parkinson, le cancer de la prostate et certains cancers hématopoïétiques : lymphome non hodgkinien et myélomes multiples ".

Par ailleurs, précisent les experts, " les expositions aux pesticides intervenant au cours des périodes prénatales et périnatale ainsi que lors la petite enfance semblent être particulièrement à risque pour le développement de l'enfant ". Et ce sont les femmes vivant au voisinage de zones agricoles ou qui utilisent beaucoup de pesticides domestiques qui sont les plus à risque. Les études de cohortes montrent dans cette population une augmentation du risque de malformations congénitales (malformations cardiaques, du tube neural, hypospadias), une diminution du poids de naissance, des atteintes neuro-développementales et une augmentation significative du risque de leucémie.

Mécanismes biologiques

Quels sont les mécanismes cellulaires qui interviennent dans l'apparition de ces maladies? Les experts de l'Inserm mettent en avant des hypothèses : le stress oxydant, qui semble jouer un rôle majeur dans la maladie de Parkinson, des dommages à l'ADN ou des perturbations de certaines voies de signalisation qui peuvent conduire à une dérégulation de la prolifération ou de la mort cellulaire, ou des altérations du système immunitaire.

Quant à l'effet dose et à l'effet cocktail lié aux mélanges de pesticides auxquels nous sommes en permanence exposés, il pourrait selon les experts " donner lieu à des impacts sanitaires difficilement prévisibles actuellement, ce qui fait de la question des mélanges et des faibles doses un des enjeux importants de la recherche et de l'évaluation des dangers ".

Leurs recommandations soulignent donc la nécessité de la mise en place d'équipes pluri et transdisciplinaires pour accélérer la recherche sur les pesticides et la santé et prendre le plus rapidement possible les mesures appropriées pour protéger la population.

Stella Giani


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