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Sécurité alimentaire : véto du Parlement européen pour la "colle à viande"

Publié Le 20 Mai 2010 à 16h59
 
Le Parlement européen a opposé son veto à l'autorisation de la thrombine, substance dérivée des parties comestibles des porcs et des bovins, en tant qu'additif alimentaire. Les députés ont estimé que l'utilisation de cette " colle à viande" trompait les consommateurs, en permettant aux industriels de présenter des produits recomposés sous forme de morceaux entiers.

La thrombine, une colle extraite de plasma sanguin animal, s'applique sur les morceaux de viande afin de les rendre homogène. Ces morceaux de viande sont ensuite vendus sous vide dans les supermarchés  avec une étiquette mentionnant la présence de "viande reconstituée". On en trouve notamment beaucoup aux Etats-Unis. Le Parlement européen a heureusement mis son veto à l'application de ce procédé de fabrication en France.

Uniquement destiné aux viandes préemballées, il était pourtant attendu par les industries agro-alimentaires qui y voient un moyen d'optimiser l'utilisation des chutes de viande. Cette viande reconstituée aurait alors pu être vendue à prix cassé.

La Commission européenne avait proposé d'ajouter la thrombine porcine et bovine à la liste des additifs alimentaires autorisés par l'Union européenne (UE). L'objection, soulevée par la commission parlementaire de la santé publique et de la sécurité alimentaire, a été soutenue par une courte majorité lors du vote en plénière ce mercredi 19 mai (370 voix pour, 262 voix contre et 32 abstentions... alors que la majorité absolue est de 369 voix).

Les députés se sont notamment appuyés sur un règlement européen de 2008 qui définit les conditions d'autorisation des additifs alimentaires dans l'UE : leur utilisation ne doit pas être susceptible d'induire le consommateur en erreur et ils doivent présenter un avantage ou un intérêt particulier pour le consommateur (meilleure préservation de la qualité nutritive des produits, amélioration de la capacité de conservation, etc.) Deux conditions qui ne sont pas remplies par la thrombine, selon les partisans du veto.

La proposition initiale de la Commission prévoyait l'étiquetage obligatoire pour les produits reconstitués avec de la thrombine, ainsi que l'interdiction de son utilisation dans les restaurants. Mais les députés ont considéré que ces mesures n'excluraient pas la possibilité de donner à penser aux consommateurs qu'ils achètent des produits à base de viande non reconstituée.

Le Parlement a ainsi exercé son droit de veto, selon la procédure dite de " réglementation avec contrôle ". Elle permet aux élus de rejeter les mesures d'exécution de la législation européenne proposées par la Commission (anciennement procédure de comitologie, au cours de laquelle des experts définissaient - sans contrôle démocratique - la mise en oeuvre des dispositions législatives).

Les autorités nationales restent néanmoins compétentes pour décider de l'autorisation de la thrombine en tant que substance destinée à la simple transformation des aliments (" auxiliaire technologique ") et non à la consommation en tant que telle.

Certains députés ont observé que ce veto du Parlement ne pouvait être qu'une "première étape", puisque l'enzyme reste autorisée dans certains Etats membres.

On a donc évité le pire mais on note que l'industrie agroalimentaire est vraiment prête à nous faire avaler n'importe quoi pour faire des bénéfices.

Stella Giani

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